Nouveau site Domplus : Priorité à la Personne… multidimensionnelle !

Il y a 10 ans, c’est l’équipe fondatrice de LIMITE qui a aidé DOMPLUS, alors pionnier, aujourd’hui leader de l’intermédiation au téléphone (8 millions d’ayants droit suivis, plus de 100 000 situations prises en charge chaque année), à définir son positionnement « Priorité à la Personne ». Une preuve, s’il en était besoin, qu’une bonne stratégie de communication peut changer beaucoup de choses dès lors qu’il est question de personnes et d’intérêt général. Lire la suite

Le QR code : la réalité du papier à l’écran

Notre rapport à l’écran est devenu infra-ordinaire, cet objet fait partie de notre environnement et nous ne l’interrogeons plus. Ceci à tel point que nous prenons en photo un bout d’affiche et il se transforme sur notre téléphone en une page totalement différente. Cela pose la question de l’opposition ou de la complémentarité entre papier et écran, entre print et numérique.

QR code pris en photo sur le sac d’un chef de projet LIMITE

Ces QR codes ou flash codes – la différence est expliquée ici – sont imprimés dans la réalité réelle et existent dans la réalité dite virtuelle ou augmentée, sous forme de lien. Si print et numérique semblent contraires – comme les traditionalistes, qui s’interrogent sur les devenirs du livre (ici) et de la bibliothèque (ici) s’opposent aux modernistes, qui sont fascinés par le 2.0 – ils peuvent aussi être combinés dans un processus de lien entre ces deux mondes. Ce renvoi de la réalité au virtuel se fait grâce aux QR codes ou aux flash codes, qui peuvent même être customisés (comme on le propose ici).

Le QR code est donc un lien hypertexte print : cela montre bien que l’opposition papier/écran est dépassée et que les modes de communication sont désormais complémentaires ; ce phénomène est quotidien dans le monde moderne. Cette plasticité dans l’usage des différents canaux de communication, permise par des liens – entre URL et application, de l’ordinateur au téléphone, mais aussi entre papier et écran, grâce aux QR codes – est entrée dans l’habitus.

Dans ce monde 2.0, la communauté virtuelle est désormais essentielle, notamment pour les marques. C’est pour cette raison que les QR codes et flash codes apparaissent de plus en plus souvent sur des publicités marchandes, avec un lien vers le site de la marque, ou vers sa page Facebook. Des actions politiques utilisent également ce procédé, comme pour la taxe Robin des Bois, teasée par un QR code renvoyant à une vidéo explicative (cliquez ici pour mieux comprendre).

En l’utilisant plus avant, ce procédé peut entrer dans une véritable interaction entre papier et écran. C’est ce qu’a fait Publicis pour Reporters Sans Frontières avec cette campagne de presse. En posant l’écran sur le papier, c’est la réalité visuelle qui est transformée, et qui peut donc transformer le réel, de manière concrète et pragmatique. Le visage du dictateur, en photo, est fixe, tandis que la bouche placée devant la sienne fait la lumière sur les véritables faits de son pays.

extrait de la vidéo

Cette interdépendance entre l’écran et le papier pose un tout nouveau rapport entre ces deux opposés, qui peuvent ainsi se compléter, en superposant leurs compétences pour en créer une nouvelle : la possibilité de changer le monde en mélangeant des processus différents. Si le fond de la campagne de Reporters Sans Frontières prouve bien les discriminations – entre autres horreurs – des dictateurs, la forme elle-même utilise un métissage de techniques.

Webreakfast LIMITE n°2 : Mobiles, géolocalisation, réalité augmentée

Avec le développement de l’accès à Internet en wifi et en 3G, c’est aujourd’hui 1 internaute sur 4 qui est connecté en mobilité. L’arrivée massive de ces mobinautes rend de plus en plus pertinents la navigation sur des sites adaptés (que donne votre site web sur un iPhone ?) et l’utilisation de services dédiés comme la géolocalisation et la réalité augmentée via l’emploi de QR codes ou de systèmes de géoqualification.

Plus de 50 000 personnes ont utilisé le flashcode mis en place par la RATP pour permettre d’accéder aux horaires de bus parisiens, et de la même manière, le succès d’applications de « location-based service » comme Foursquare, Gowalla ou Plyce / Dis moi où démontrent l’intérêt grandissant pour ces dispositifs.

Comment les associations, fondations et ONG peuvent-elles utiliser au mieux ces dispositifs ? Quels sont les pré-requis et les actions de base pour tirer le meilleur parti du trafic Internet mobile ? Quels contenus et services adaptés proposer aux mobinautes ? Quelles campagnes de plaidoyer, de fundraising ou de mobilisation déployer ?

Ce 2ème webreakfast LIMITE se déroulera le 12 octobre 2010 à 9h à la Maison des Associations du 2ème arrondissement au 23 rue Greneta, il est toujours réservé uniquement aux personnes travaillant dans le secteur non marchand (ONG, associations et fondations, partis politiques et syndicats).

Les inscriptions sont ouvertes ici via un formulaire dédié.

Cette rencontre sera l’occasion d’échanger de manière informelle autour de la présentation de nombreuses expérimentations ayant eu lieu à l’étranger dans les domaines des QR Codes, des applications ou des réseaux sociaux géolocalisés.

Parodies de marques : les recommandations du Professeur Larrieu aux ONG qui détournent les univers des grandes marques

Lors du remarquable colloque « Image & Environnement » organisé les 21 et 22 janvier par l’Université de Toulouse, le Professeur Larrieu a résumé en un speech brillant les règles d’or juridiques que les associations doivent respecter dès lors qu’elles s’attaquent aux grandes marques marchandes en les détournant.

http://www.dailymotion.com/video/xcxhxc

Ce type de campagne s’est en effet beaucoup développé ces dernières années et on peut être parfois surpris de la violence des réactions qu’elles suscitent de la part des grands groupes qui détiennent ces marques, et des moyens qu’elles consacrent à « punir » les auteurs de ces parodies, si l’on songe au caractère confidentiel, voire « potache » de celles-ci. Surtout si on les compare aux gigantesques plans médias dont bénéficient ces marques.

La raison que Monsieur Larrieu donne de cette stratégie d’intimidation des groupes, c’est que les marques sont désormais des « organes vitaux » des grands groupes et que s’attaquer à elles, c’est toucher à leurs sources de valeurs les plus sensibles.

En tant que publicitaire, j’ajouterais qu’elles sont également la démonstration de l’efficacité de l’idée et des techniques publicitaires, dès lors qu’elles sont mises au service de la défense des intérêts généraux contre les intérêts particuliers. A l’inverse d’ailleurs, les publicitaires aident aussi souvent des marques à se donner de la valeur en se mettant au service de causes, de dynamiques de changements de comportements ou de pédagogie.

Il confirme donc que les parodies de marques, loin d’être primesautières, sont des armes très judicieuses pour s’opposer aux politiques sociétales qu’elles recouvrent.

Les entreprises s’appuient généralement sur l’accusation de contrefaçon.

Je peux confirmer que j’ai personnellement vu de nombreuses ONG reculer devant le risque de mesures de rétorsion que leur petite taille ne leur permettait pas d’assumer. Certains procès d’énergéticiens à propos de détournements de leur marque ont pu durer des années et coûter des millions avant que ces entreprises ne les perdent… ou que l’ONG qui les avait parodiés jette l’éponge !

A l’inverse, des marques comme Apple, Mc Donald’s et même Coca-Cola, ont su détourner à leur avantage de telles parodies, en renonçant à l’intimidation et au rapport de force pour adopter une posture d’humour et de co-opération. Certes, il ne s’agit que de postures, mais c’est la différence entre les marques durables et celles qui vont disparaître au premier accident nucléaire grave…

Le double enseignement du propos de Maître Larrieu, c’est :
- que c’est la liberté d’expression qui reste l’atout premier des ONG contre tous les pouvoirs qui tentent de bâillonner les parties prenantes
- qu’il faut aborder ce genre de stratégie avec méthode et, même si le mot fâche parfois les bénévoles, avec professionnalisme.

Laurent Terrisse