Rencontres hackers et ONG au Salon des solidarités

Dans le cadre du Salon des Solidarités du 1er au 3 juin 2012 à Paris, LIMITE vous invite à appréhender les bouleversements actuellement en cours dans le monde de l’humanitaire et des droits de l’homme.

L’utilisation des technologies Internet, des médias sociaux et des logiciels libres par les ONG et associations, les citoyens et les hackers et les organisations intergouvernementales sont porteurs de nouvelles formes de collaborations et d’actions qui sont déterminantes pour inventer l’humanitaire… comme la gestion de crise de demain. 

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La pub peut-elle empêcher de croire au Père Noël ?

La saison est aux mobilisations de masse : un visiteur de Rue 89 a décidé d’alerter l’opinion contre un nouveau crime publicitaire, faire croire aux jeunes téléspectateurs que le Père Noël n’existe pas !

Père NoëlCertes, quand on voit les enfants, le jour de Noël, se vautrer dans la vacuité et l’insatisfaction de l’hyper-consommation en déchirant frénétiquement des dizaines de paquets cadeaux pour en délaisser le contenu, made-in-asia à peine découvert, on peut se demander si le mythe marketing et marquété du Père Noël relève de « L’Imaginaire Vrai », premier pilier de la Copie Stratégie Responsable.

Les cerveaux des instances de défense de l’industrie de la communication, qui élaborent en ce moment des stratégies sophistiquées pour, comme le dit Gérard Noël (Vice-Président-Directeur Général de l’Union des Annonceurs depuis quelques années), « redonner ses lettres de noblesse à la publicité » face à l’effondrement continu de l’image de leur profession, ne manqueront pas de faire remarquer que, si ce Papa avait consacré un peu de temps à son enfant pour, par exemple, lui lire un livre, par exemple sur la sobriété heureuse racontée aux enfants, plutôt que de la laisser se gaver de films américains à la télé, cet accident n’aurait pas pu avoir lieu.

Cela dit, à l’ère d’Internet, la levée du secret sur le Père Noël ne sera peut-être pas le plus grand risque auquel cette petite fille sera exposée.

Et puis, pour une fois qu’une banque n’essaie pas de nous faire croire au Père Noël… Par exemple, si on compare le Crédit Mutuel avec sa cousine, coopérative également, la Banque Populaire, qui fait campagne en nous racontant des contes de fées, il faut reconnaître que l’argument hyper-précis de l’absence de commission des chargés de clientèle du Crédit Mutuel tape juste. Sans compter la réalisation, de qualité sans tape-à-l’œil, et bien plus pertinente sur notre vie quotidienne, que bien des réclames braillardes qui abrutissent grands et petits (car n’oublions pas que les ¾ des campagnes qui sortent des agences des grands publicitaires qui nous expliquent que ce qui rendra la pub à nouveau populaire, c’est la créativité et l’intelligence, sont des merdes débiles et promotionnelles… à quand une notation des agences en fonction de l’ensemble de leur production ? CHICHE !).

Ce n’est pas le rôle du Collectif des publicitaires eco-socio-innovants de venir au secours du Père Noël et de lutter contre le « Santa Claus coming-outing ». De toute façon, le Jury de Déontologie de la Publicité de l’ARPP ayant, d’après Rue89, été saisi par ce papa en colère du fait qu’il n’y a pas de plus grand mensonge public et de cause plus urgente, on ne doute pas que, soucieux de redorer l’image de la Publicité, il va avoir à cœur de réprimer plus sévèrement que… jamais, l’expression de bon sens populaire « on nous fait croire au Père Noël ».


International Fundraising Congress d’Amsterdam : on y sera et ça va être très numérique !

Je viens de recevoir le programme définitif de cet événement annuel entièrement dédié au fundraising.

International Fundraising Congress

Pendant 4 jours, ça va être le haut lieu mondial de la collecte de fonds, avec les meilleurs (les américains, les scandinaves et de plus en plus les asiatiques), les plus en pointe et donc aussi les meilleurs e-fundraisers du monde. Il y aura des clients, des prospects, des concurrents et des partenaires, la crème de la crème du fundraising français et mondial. Il y aura même David d’Euro American donc c’est pour vous dire le niveau…

Laurent (Terrisse) m’a dit : « je ne suis jamais revenu sans une tonne d’idées, le meilleur congrès que je connaisse, au point de vue qualité des ateliers, organisation » donc c’est pour dire comme j’ai hâte, surtout que je me suis incrit à un Master class où l’on sera 35 e-fundraisers de plus de 15 nationalités et dont le thème est : « Taking digital to the next level–cutting edge techniques. »

La responsable du Master Class, quelqu’un de l’UNICEF, vient d’envoyer un email aux participants pour leur demander ce qu’ils aimeraient voir aborder comme thèmes et surtout les raisons pour lesquelles chacun c’était inscrit à ce Master Class, voici un copié collé de ce que j’ai répondu :

« Dear Anita,

I’am the associate director of LIMITE, a French 360 communication & fundraising agency dedicated to nonprofit organizations, and I’am the expert in charge of all the agency digital issues (internal/clients)

The reason I choose this masterclass is to explore countries & people & techniques & visions on how:
1) digital is currently becoming the new main basecamp of com+fundraising strategies
2) Internet (fix+mobiles) is mixing with « offline » media (radio/TV), techniques (DM) and actions (ground/street)

So I’am not interested in evangelization or pegagogy because I’am already convinced, and more over I’am deploying 360 online strategies + on/offline plans for more than 5 years so I’am aware of best practices and bug efundraising techniques KPI => but I’am starving for cutting edge techniques and steps to go further, I can mention: mobile actions & fundraising, augmented reality & location based activism, decentralized and crowdsourced fundraising…

Hope this can help
Can’t wait for Tuesday
;-)

Best regards

Frederic »

Donc chers lecteurs si d’ici mardi vous avez des questions ou des thèmes que vous aimeriez que je propose d’aborder pendant la session, n’hésitez pas…

Et bien entendu il y aura un live twit en temps réel, un compte rendu des discussions sur ce blog et un webreakfast dédié en forme de débriefing juste après les vacances de la Toussaint.

Vivement mardi !

Pouvoir et responsabilité de la publicité, un débat nécessairement permanent

Toujours à l’affût de données sur l’application du syndrome de Spider Man à la publicité (« With great power come great responsibility »), on a relu « Publicité et psychologie » sorti fin 2009 aux Editions In Press sous la direction de Nathalie Blanc et Julien Vidal (département de psychologie de l’Université de Montpellier 3).

Partant de la désormais célèbre citation de Patrick Lelay (« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible« ), le bouquin tente de répondre à des questions clés de la communication responsable – la publicité oriente-t-elle notre pensée ? nous conditionne-t-elle ? quels stéréotypes véhicule-t-elle ? – et aborde des problématiques centrales du positionnement que nous avons et des discussions que l’on a régulièrement dans le cadre du Collectif des Publicitaires Eco Socio Innovants.

Car pour parler un peu de ce qui nous importe fondamentalement, à nous en tant que professionnels autant qu’à nos clients, nous savons bien qu’à travers la pub, c’est « la société qui se parle à elle-même » via les stéréotypes de l’époque, et que la pub a comme le disent les auteurs un pouvoir « écologique » en ce sens qu’elle fait partie intégrante de notre environnement social et cognitif : l »individu va traiter certains de ses éléments comme le message, la marque, ou encore le visuel présenté ».

Mais rappelons nous que dès 1908, Walter Dill Scott déclare que la publicité a pour « fonction première d’influencer les esprits humains« , qu’elle se veut donc efficace et rationnelle mais que son champ privilégié d’étude et d’action reste malgré tout l’inconscient, le désir et les pulsions. Les processus non conscients (ou automatiques) qui permettent à la publicité d’influencer le comportement des individus ne sont d’ailleurs pas à démontrer (voir les travaux de Brunel, Tietje & Greenwald, 2004 ; Courbet, 2003, Pêtre, 2005, Trendel & Warlop, 2005, Zaltman, 2003) mais plutôt à appréhender de manière éthique et responsable. L’acte d’achat, ou pour nous bien souvent plutôt le changement de comportement, le passage à l’action ou le don, devant être obtenus de façon équilibrée, juste et non discriminatoire. C’est le sens des 4 piliers et 3 principes de la « copie stratégie responsable » que nous avons proposé.

Le 1er niveau de cette responsabilité est en effet le message, et non pas l’éco-conception de la campagne (trop facile), car le livre le rappelle s’il en était besoin : « la communication publicitaire est un lieu privilégié de circulation des représentations sociales » (Defrance, 2004) et qu’elle participe donc activement à leur élaboration, à leur évolution ou à leur pérennisation. Ces « croyances non négociables » (Moscovici, 1993) – les stéréotypes – sont parfois convoqués (la ménagère de moins de 50 ans ?) pour être ré-ancrés ou « retournés » (disruption ?) mais ils forment bien souvent le coeur des campagnes car ils sont « un raccourci cognitif socialement partagé » et permettent la connivence. L’autre élément clé de l’influence psychologique de la pub, c’est l’utilisation de l’humour et son efficacité en terme d’influence. Là aussi la littérature psychologique et sociologique ne manque pas et elle démontre que les publicités humoristiques sont mieux perçues que les publicités qui ne le sont pas, et qu’elles poussent l’individu à explorer plus rigoureusement l’argumentaire publicitaire, mais le second point acquis c’est que les effets varient en fonction du « besoin d’humour » des individus : l’usage de jokes en pub fonctionne mieux sur les personnes « à faible besoin de cognition » (n’aspirant pas à être convaincus rationnellement par une argumentation) que sur les autres.

Dernier niveau, les auteurs abordent le Saint Graal des publicitaires et de leurs clients : le conditionnement évaluatif (le « j’aime » ou le « j’aime pas » avant Facebook) fait référence au conditionnement des évaluations, des attitudes, des préférences et des goûts. Sur la base de Puto & Wells (1984), ils affirment que c’est bien la publicité qui fait appel aux sentiments (versus les faits objectifs) qui a le plus d’influence sur les attitudes à l’égard des produits représentés dans les campagnes. C’est ce qui pousse les agences à proposer des célébrités adulées comme « binôme » des marques car cela a été étudié comme entraînant des préférences produits particulièrement persistantes.

Alors que devons nous penser nous les publicitaires responsables qui tentons de faire appel à l’esprit critique et à l’intelligence des publics que nous visons dans nos campagnes ? Et bien que nous avons malgré tout raison, car les travaux démontrent également que rien n’est gagné ad vitam aeternam ! Les « ré-évaluations » sont en effet réguliers et ils se font souvent à l’occasion de crises ou de ré-étude de la proximité qu’on a pour une marque au regard de ses valeurs. Et quand une marque attire à soi les préférences d’une personne, elle peut perdre ce crédit rapidement en cas de comportement non responsable ou de contradiction manifeste entre son déclaratif et la réalité de ses actes. La responsabilité intrinsèque de la marque, et de sa communication, permettent de pallier à l’adage connu selon lequel « une réputation met des années à se faire et quelques secondes à se défaire » et d’éviter les « ré-évaluations négatives ». Une sortie par le haut est donc possible : les grands pouvoirs de la publicité servant au bout du compte à communiquer la responsabilité de la marque et la conscience aiguë qu’elle a de son influence, de constituer un repère pour le consommateur… ou le citoyen car c’est la même chose (« l’homme multidimensionnel »).

Et ce n’est pas le neuromarketing qu’il soit par TEP (tomographie par émission de positons), par IRMf (imagerie cérébrale fonctionnelle), par EEG (électroencéphalographie) ou encore par MEG (magnéto-encéphalographie) qui change quelque chose à ça. En effet, si ces techniques ont de beaux jours devant elles, c’est parce qu’elles viennent sophistiquer la visualisation et l’intégration de mécanismes déjà étudiés et démontrés par la psychologie et la psychosociologie. Il n’y a qu’à lire un bon exemple d’application au travers de l’article de Sciences Humaines sur la prévention santé via les neurosciences dans les campagnes gouvernementales (merci @Sauveur).

On a pas fini d’en reparler…

LIMITE sponsor du Crisis Camp Paris 2 (Internet d’urgence) @ La Cantine le 1er octobre

A la suite du séisme en République d’Haïti et de la mobilisation spontanée des internautes rompus à l’utilisation du microblogging  (Twitter, liveblogging…), des réseaux sociaux (groupes Facebook) et des pratiques les plus en pointe du Net (OpenStreetMap), des barcamps de crise, des « Crisis Camps » se sont tenus dans diverses villes d’Amérique du nord : Washington, Boston, San Francisco, Montréal…

Crisis Camp Paris 2

Ces camps dont l’objectif est la mise en commun des ressources, sont une première ébauche de l’Internet d’Urgence, pour préparer les réponses notamment aux catastrophes naturelles et ils ont vocation à réunir les bénévoles, les académiques, les ONG, les entreprises, les collectivités territoriales et autres géographes, cartographes, humanitaires, secouristes, développeurs, journalistes, internautes activistes… autour des usages des nouvelles technologies d’information et de communication par et pour les citoyens et les communautés en cas de crise.

LIMITE sponsorise et participe activement au Crisis Camp 2 qui se déroulera à Paris @ La Cantine le 1er octobre de 16h à 20h et vous invite à y participer et en parler autour de vous !

Plus d’infos sur le Crisis Camp Paris sur le site de La Cantine et pour s’inscrire c’est là

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