La qualité de l’information aujourd’hui… et demain!

 

Ce mercredi 21 mars à 20h00 à la Cantine se tiendra un débat des Indignés du PAF sur la qualité de l’information de demain dans le cadre de l’opération « Du 20 au 22 mars dans 20 villes, on refait le 20h00! », avec la participation de Laurent Terrisse, suite à la tribune parue sur CB News en janvier : « La Philanthropie peut sauver la presse de qualité »

 

Au moment où débute la campagne officielle des élections présidentielles, Les Indignés du PAF invitent acteurs de la presse et des médias, traditionnels et digitaux, à la vigilance collective vis-à-vis des tentatives de manipulation de l’opinion dont les campagnes passées ont donné de malheureux exemples. Ils proposent également à travers toute la France une série de rencontres entre professionnels et observateurs attentifs pour réfléchir aux évolutions nécessaires que les mutations actuelles imposent aux modes de fonctionnement professionnels, déontologiques et économiques de la fabrique de l’information.

Le web responsable, un « petit » sujet pour la com digitale ?

La semaine dernière l’AACC sortait son « petit guide de collaboration avec une agence interactive » conçu pour permettre « d’accompagner encore mieux les échanges entre annonceurs et agences-conseils en communication interactive ». On y trouve des (petites) infos sur les principes de rémunération, des (petites) descriptions des champs d’expertises, des (petits) points de repères pour bien sélectionner une agence interactive et un « mini guide du brief »… mais même pas un petit mot sur le web-reponsable. :-?
 
Du côté de certaines agences pourtant la réflexion est déjà engagée depuis un moment. Comme nous vous en avons déjà parlé ici, un groupe de travail AFNOR (auquel LIMITE a participé) a planché sur la transposition de la nouvelle norme ISO 26000 sur la responsabilité sociale des entreprises aux métiers de la communication. Le volet numérique de ce travail sera d’ailleurs prochainement rendu public. Alors à bientôt !
 

Le collectif des publicitaires éco-socio-innovants devient l’Association pour une communication plus responsable

Créé en avril 2008 par 9 patrons d’agence (Laure Maud, Stéphanie Gentilhomme, François Collet, Philippe Barre, Laurent Terrisse, Alexandre Pasche, Vincent Dulout, Daniel Luciani, Sauveur Fernandez), le collectif des publicitaires éco-socio-innovants devient l’Association pour une communication plus responsable. Doté d’une structure loi 1901, le collectif va pouvoir mieux s’organiser, plus mobiliser et peser en tant qu’organisation de professionnels engagés.

Cette évolution propose à l’ensemble de la profession une nouvelle vision des pratiques des différents métiers de la communication. Free-lance, dirigeant ou salarié d’agence, étudiant, journaliste, chercheur et association : tous ceux qui comme nous souhaitent mettre nos métiers au cœur de la transition écologique, sociétale et numérique de notre société sont invités à nous rejoindre.

Retrouvez les propositions pour réformer la communication et lui permettre de retrouver son rôle d’aiguillon social : elles sont actuellement soumises à vos avis + toutes les idées neuves sont les bienvenues. Une version définitive du programme verra le jour une fois ces propositions débattues.

Pour nous rejoindre, rendez-vous sur la nouvelle plateforme du collectif (qui remplace l’actuel ning ). Ce nouvel outil est à la fois une porte d’entrée sur l’association et un espace de réflexion et de travail pour les membres actifs*.

L’adhésion à l’association vous permettra :
> d’avoir accès au réseau des publicitaires éco-socio-innovants
> de voter et participer aux Assemblées générales
> de participer à l’élaboration des textes, plateformes politiques, projets et actions publiques…
> de participer à nos événements

et !
> de valoriser votre engagement avec une très jolie carte d’adhésion, un pied de mail valorisant et un logo à mettre en avant dans vos présentations ou dans vos réseaux.

Rejoignez-nous en adhérant à l’Association pour une communication plus responsable* !
(voir conditions d’adhésion ci-dessous)

contact : adhesion@collectifcomresponsable

* Conditions d’adhésion
5 € étudiants et chômeurs
10 € pour les pros individuels et les free
100 € pour les agences -  10 personnes
200 € pour les agences + 10 personnes

Il est possible d’être membre de l’association tout en contribuant au collectif Adwiser ou aux travaux de l’AACC.

Trop de pub tue-t-elle la pub ?

Voilà la question que posera l’un des ateliers, animé entre autres par Laurent Terrisse, proposés par l’Université d’été de la communication pour le développement durable d’ACIDD/Comité 21 qui a lieu les 30 et 31 août dans le Sud de la France.

A cette occasion, les membres du Collectif des publicitaires éco-socio-innovants (dont LIMITE est membre fondateur) présents sur place présenteront leur programme de réforme des règles et pratiques professionnelles de la communication : 4 séries de mesures (sur l’organisation de la profession, le contenu des messages, la production et la diffusion des campagnes et médias) qui tirent les conséquences de l’impact de la communication sur la société et proposent de la mettre au service d’une consommation et de modes de vie plus responsables.

Affaire à suivre…

Cliquez ici pour télécharger le programme.

 

* Trop de pub tue-t-elle la pub ? Va-t-on vers des restrictions, voire des interdictions ?
La pression publicitaire croissante liée à la crise économique, le manque de créativité, rendent-ils le consommateur publiphobe ? 80% des personnes interrogées par l’agence Australie (fin 2010) l’assimilent à « une source d’ennui ». Pourrait-on aller vers des interdictions ou des restrictions de publicité ?
Pékin vient de lancer la chasse aux publicités promouvant l’hédonisme et le luxe à outrance.
Certaines formes de publicité, comme la publicité extérieure critiquée pour particulièrement défigurer les entrées des villes, sont de plus en plus limitées, voire interdites. Le Vermont, le Maine, Hawaï et l’Alaska ont interdit les panneaux publicitaires dans l’espace public, tout comme 1300 municipalités : Sao Paulo les a complètement interdits…

Intervenants :
Christophe Bultel, Professeur assistant, département stratégie, Responsable du pôle
« Communication et Marketing Responsables » de l’Institut pour la Responsabilité
Globale dans l’Entreprise d’Audencia Nantes School of Management
Laurent Terrisse, Président, Agence LIMITE

Animation :
Delphine Masson, Journaliste

Les Caisses d’Epargne affirment leur engagement sociétal avec LIMITE

Choisie en septembre 2010 à l’issue d’une compétition menée pendant l’été, l’Agence LIMITE a conçu avec la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne (FNCE) une campagne destinée à rappeler l’engagement de cette grande banque coopérative.

L’accroche « Pour la Caisse d’Epargne, l’humain sera toujours une valeur sûre » exprime la réalité de cet engagement (imaginaire vrai*), puisque la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne communique… après avoir agi, comme le prouvent les centaines de projets soutenus que l’on peut découvrir sur le site internet. Dans cette même logique, le visuel valorise ces anonymes qui s’investissent de multiples façons dans un même esprit d’initiative (empreinte immatérielle positive*), en ne les réduisant pas à un rôle social particulier – clients ou sociétaires, mais en privilégiant la force et l’autenthicité de leur engagement personnel (homme multidimensionnel*).

Le plan média, qui privilégie la proximité, repose essentiellement sur des insertions en presse quotidienne régionale les 16 et 17 décembre 2010. Mais, le concept de la campagne a été imaginé pour pouvoir se déployer dans la durée, sur différents supports, en particulier dans les agences des Caisses d’Epargne.

> Télécharger le communiqué de presse

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* Piliers de la « Copie-Stratégie Responsable » développée par le Collectif des publicitaires éco-socio-innovants :
•    Imaginaire vrai© : la publicité doit s’appuyer sur les spécificités réelles du produit, du service ou de l’entreprise.
•    Empreinte immatérielle positive© : encourager la marque à mettre en scène des idées, des valeurs, des territoires qui font évoluer positivement les mentalités et les pratiques liées à l’environnement, la diversité, les droits humains, le bien-être.
•    L’homme multidimensionnel© : la publicité verte et éthique s’adresse à l’homme dans toutes ses dimensions : l’individu, le citoyen, le consommateur, l’actionnaire, le salarié…

Mentions et perceptions des ONG sur Wikileaks

Je sais bien que la curiosité est un vilain défaut, et que Wikileaks c’est « un peu limite » comme beaucoup le disent en ce moment, et bien ça fait donc 2 bonnes raisons pour que LIMITE s’intéresse à ce qu’on dit des associations et des ONG dans les cables publiés par Wikileaks et qui sont « browsables » par mots clés, par thème, par date, etc.

Wikileaks

C’est donc après une analyse des principaux cables Wikileaks que l’on peut dire ce que la diplomatie américaine pense des ONG, dont certaines sont clientes de LIMITE (on est trop fiers !), et quelles sont celles qui sont le plus souvent mentionnées par ces « fuites », tout cela mériterait d’être approfondis et cela ne porte que sur les quelque cables disponibles actuellement donc c’est une affaire « à suivre »…

D’abord, commençons par le plus facile, les ONG « non occidentales » qui sont dans le meilleur des cas « à surveiller » comme la Sahrawi Asssociation of Human Rights Victims au Sahara Occidental (Maroc) et les ONG de la Bolivie de Morales qui bénéficieraient de manière indirecte de l’USAID, ou dans la plupart des configurations soupçonnées d’être des soutiens au terrorisme (Hamas, Al Qaeda…) comme l’IHH (Turkish Humanitarian Relief), l’AHF (l’ONG saoudienne Al Haramain Foundation), les ONG pakistanaises Al Rashid Trust et Al Akhtar Trust (interdites par l’ONU), Dar Al-Birr une ONG des Emirats Arabes Unis…

Ensuite au tour des ONG « occidentales » dont les plus souvent citées par les cables sont le WWF, Greenpeace, Human Rights Watch, Amnesty International (qui consacre d’ailleurs des pages au cas Wikileaks / Julian Assange en regard des droits de l’homme et de la liberté d’expression), Médecins Sans Frontières et la Croix Rouge qui sont jugées par la diplomatie US comme relevant de 2 problématiques convergentes sur le fonds mais contradictoires dans les faits concrets puisqu’elles sont à la fois :

  • des sources crédibles quand cela arrange le corps diplomatique :

Le WWF est ainsi abondamment mentionné dans les notes qui traitent de la  »Mafia des forêts » en Russie et de ses trafics et intimidations de même que Greenpeace, alors que Ni Putes Ni Soumises (NPNS) et sa responsable Samira Cadasse dont les propos sont pris très au sérieux (de même que ceux d’Alain Finkelkraut et le blog d’Alain Juppé – SIC) sont « quotées » intégralement pour alimenter un cable démontrant que les émeutes dans les banlieues en France ne sont pas liées à « The islamic factor ».

  • des menaces politiques :

Là c’est donc la même crédibilité et les informations ou la présence des ONG qui sont jugées comme gênantes. C’est vrai pour Guantanamo et les « vols secrets de la CIA » avec le cas d’une ONG espagnole qui a demandé la traduction en justice pour torture de responsables américains, pour Reprieve et Human Rights Watch et pour l’ONG « Caged Prisoners » créée par Moazzam Begg un ancien détenu de Guantanamo dont l’accueil en Europe et en France a été mentionné comme « chaleureux » et donc problématique. Même problématique pour l’Afghanistan, l’Irak et la Guinée où Human Rights Watch est pointée comme un acteur qui complique la problématique d’action de la diplomatie américaine. Autres exemples où l’action des ONG complique la gestion des affaires : les bombes à sous munitions, la violence à Rio de Janeiro (MSF), l’action de Greenpeace et d’IMAZON contre la déforestation au Brésil, ou enfin le « travail » de Pfizer au Nigéria (« Pfizer’s management considers Nigeria a major growth market for its products and having this case behind it will help in efforts to rebuild its image here ») qui serait favorisé par un rapprochement avec les ONG locales mais cela paraît difficile du fait de la présence de MSF à Kano.

Mais là encore, aucune « révélation » ou secret d’Etat (ça à l’air très important pour beaucoup donc disons le même si on est pas trop d’accord), juste la confirmation que les ONG sont un acteur clé dans les environnements nationaux et internationaux et que les plus crédibles d’entre elles compliquent par leurs actions la tâche de l’opacité et favorisent des voix dissidentes : comme Wikileaks d’ailleurs qui pourrait à terme devenir un « média ONG » pourquoi pas ?

Ajout 13 décembre 2010 : nous avions devancé la modification de la stratégie d’Anonymous (We, The People) qui, après avoir mobilisé pour travailler à la perturbation des sites Visa, Mastercard et Paypal (opération #Payback), invite désormais à chercher dans les #cables de #wikileaks à la recherche d’informations « croustillantes » et à les publier (opération #leakspin) : c’est ce qu’on a fait !

« Facebook, Twitter : je t’aime moi non plus ! » Du bon usage du slacktivism par les ONG.

Depuis quelques mois se déroule un fil de discussion impressionnant autour du « slacktivism » qui caractérise des formes d’engagements politiques, humanitaires, etc.  assez lâches que l’on voit se développer à la faveur du succès des réseaux sociaux et dont Facebook est l’exemple emblématique. Pour simplifier la question, il s’agit de savoir si cliquer le bouton « J’aime » peut constituer une forme d’engagement  pertinente : d’où l’expression « Clicktivism » qui est un autre synonyme de cette modalité d’engagement que certains qualifient « d’engagement mou ». Ce débat n’est certes pas nouveau, ni dans sa formulation (« la révolution ne sera pas tweetée » renvoie au fameux slogan de Gil Scott Heron : « la révolution de sera pas télévisée »), ni dans les problématiques qu’il pose (la question du rôle de la technologie et des médias –quels qu’ils soient- dans leur rapport à l’engagement et à la mobilisation).

Le débat sur le « slacktivism » : une réification de la figure du militant ?

Ce débat autour du l’engagement par internet sous la forme du « slacktivism » avait trouvé toute son actualité à l’occasion des événements qui se sont déroulés en Iran en juin 2009 à l’occasion des élections présidentielles et en particulier du rôle joué par le site de micro-blogging Twitter (Voir l’article - #iranelection #gr88 #neda Please RT : mais qu’a donc fait Twitter en Iran ?). Dans le prolongement de ces événements, tous les commentateurs, qu’ils soient techno-euphoriques ou techno-prophétiques, y  sont allés de leur analyses, parfois toutes aussi caricaturales les unes que les autres.

C’est sans doute au journaliste anglo-américain Malcolm Gladwell que reviendra la palme des commentaires les plus fantaisistes à ce sujet ; commentaires repris abondamment par la presse internationale et, chose plus étonnante, par le blog français Internet Actu (voir l’article Réseaux contre hiérarchies, liens faibles contre liens forts). Comparant le mouvement non violent noir américain, les mouvements d’inspiration terroriste des années 50 à 70, ce « penseur chic et un peu toc » comme le qualifiait un article du New York Magazine repris par Courrier International en février 2009, expliquait que les formes d’engagement émergentes à travers les réseaux sociaux ne ressemblaient pas aux formes d’engagements plus traditionnelles in real life et donc celles donc qui vont du NAACP aux RAF (Fraction Armée Rouge), dés lors que les jeunes ne faisaient que cliquer « J’aime » telle ou telle cause sur Facebook. On s’étonnera que cette analyse sur les formes, répertoires et trajectoires de mobilisation puisse aujourd’hui encore avoir un quelconque crédit tant elle apparaît désuète : en clair, un « vrai militant » est celui qui soit se fait frapper par la police sans rien dire, soit quelqu’un qui prend les armes, détourne un avion ou prend en otage un chef d’Etat pour l’exécuter ensuite ; le reste n’étant qu’activisme mou et autre « engagement distancié ».

On s’amuserait presque de cette « ruse de l’histoire » qui voulu que quelques heures après la publication de ce billet sur Internet Actu, des dizaines de milliers de jeunes lycéens, qui s’étaient organisés par Facebook, MSN ou par SMS sortent dans la rue pour contester la réforme des retraites du Gouvernement et que les mêmes qui parlaient de « slacktivism » soient épouvantés par ces technologies qui produisent du chaos, de la violence et de la contestation sociale (on s’était de la même manière inquiété en son temps du rôle joué par les Skyblog lors des émeutes de banlieue en France en 2005 ( voir l’article « R@caille digitale ou les émeutes de banlieue n’ont pas eu lieu »). On ne s’en amusera cependant complètement car il est difficile d’oublier que c’est à nos enfants que l’on injoncte de fait, pour qu’ils puissent obtenir leur certificat de bons et de vrais militant,  le port d’une arme ou à tous le moins l’opposition frontale à une répression du mouvement social particulièrement violente.

Qu’est que s’engager ?

Au-delà de ces analyses à l’emporte pièce, il convient aujourd’hui de se poser la question du rôle que peuvent jouer les réseaux sociaux et autres sites de partage dans la mobilisation en évitant de réifier des formes de militantisme qui n’ont jamais existées, car il convient d’en être convaincu, on ne nait pas militant, mais on le devient au terme d’histoires, de trajectoires nourries de rencontres, d’expériences, etc. Toute personne qui a eu l’occasion de fréquenter un syndicat, un parti ou une association sait que la mobilisation, l’entrée dans une trajectoire de bénévole ou de militant passe très souvent par des étapes qui ne se résument pas à une vision essentialiste ou dichotomique du militantisme. Et à cet égard, de la même manière que distribuer un tract devant une entreprise à 6 heures du matin, il n’apparaît pas choquant (froid en moins :) que quelqu’un qui clique « j’aime » sur une cause pour en assurer une large diffusion sur Facebook de ce même tract.

Il n’apparaît pas plus choquant, à moins de réifier des formes d’engagements orthodoxes, que des utilisateurs de Twitter se mobilisent pour envoyer des outils d’anonymats à des internautes dont les gouvernements surveillent les communications ou qu’ils diffusent partout dans le monde le flux des informations en provenance de ces pays. Il apparaîtra de la même manière nullement choquant que des activistes écologistes tiennent, par Twitter et en temps réel, leurs contacts au courant de leurs actions visant à retarder l’avancée d’un train chargé de déchets nucléaires.  Cliquer « J’aime » sur un groupe Facebook pour promouvoir une cause et la signaler à son réseau de relation, n’est pas, loin s’en faut un acte anodin, embarquer (« embeder ») une vidéo sur son compte Facebook ou son blog, la commenter, la noter, non plus.

Détecter les signes d’engagement dans les réseaux sociaux et leur apporter une réponse

Mais c’est sans doute là que la responsabilité la plus grande incombe à l’organisation : toute la question qui se pose à elle est en effet d’être en capacité de détecter les signes de cette mobilisation diffuse pour pouvoir ensuite l’orienter vers des formes d’action plus organisées. Si beaucoup d’organisations, d’associations, d’ONG se félicitent d’avoir un grand nombre de « followers » sur Twitter, d’ « amis » ou de personnes qui « aiment » leur dernière campagne, sur Facebook, bien peu se posent la question qui consiste à savoir ce qu’elle peuvent faire avec ce potentiel de bénévoles et de militants. Cette attitude fait penser à une pratique ancienne du PCF, le « défrichage » qui consistait à faire remplir des talons d’adhésion à la Fête de l’Humanité pour annoncer le chiffre lors du meeting du dimanche soir du Secrétaire Général et ne jamais reprendre contact avec ces personnes qui avaient pourtant signer un bulletin d’adhésion.

On s’étonnera ainsi que nombre d’associations oublient, ne serait-ce que de remercier sur les différents supports sur lesquels ont été relayé leurs campagnes, les personnes qui ont contribué à en assurer la publicité et la diffusion. On s’étonnera encore plus qu’il ne leur soit pas proposé de s’abonner à une newsletter permettant ainsi de garder un lien plus étroit avec eux permettant de les inscrire dans un processus d’adhésion, sous une forme ou une autre, à la vie de l’association. On parle aujourd’hui beaucoup de community management ou de « gestion de la relation client ». Sans aller jusqu’à avancer qu’il y a une parfaite homologie entre ce champ qui émane du marketing et celui du monde des ONG, il convient de réfléchir, à la faveur du développement de ces outils (et notamment ceux de la relation clientèle) comment les utiliser pour permettre à des publics de s’inscrire dans une trajectoire de mobilisation autour d’une cause, d’une campagne, d’un problème public ou d’une organisation.

Loin des déclarations réifiantes et souvent déceptives vis-à-vis des nouveaux médias, de leur rôle qu’elles peuvent jouer pour les associations, les ONG ou les fondations, il convient de prendre la mesure du potentiel de mobilisation qu’elles recèlent dés lors qu’elles sont utilisées de manière cohérente dans le cadre d’une politique propre à une organisation. Il s’agit moins de se poser en effet la question de la nature de ces outils que de les utiliser de manière à permettre aux publics de s’inscrire dans des trajectoires d’engagement qui leur convient : qu’il s’agisse de formes de bénévolat, de militantisme ou de don, considérant chaque type d’action comme étant potentiellement une voie d’accès à la cause et à son organisation.

La pub peut-elle empêcher de croire au Père Noël ?

La saison est aux mobilisations de masse : un visiteur de Rue 89 a décidé d’alerter l’opinion contre un nouveau crime publicitaire, faire croire aux jeunes téléspectateurs que le Père Noël n’existe pas !

Père NoëlCertes, quand on voit les enfants, le jour de Noël, se vautrer dans la vacuité et l’insatisfaction de l’hyper-consommation en déchirant frénétiquement des dizaines de paquets cadeaux pour en délaisser le contenu, made-in-asia à peine découvert, on peut se demander si le mythe marketing et marquété du Père Noël relève de « L’Imaginaire Vrai », premier pilier de la Copie Stratégie Responsable.

Les cerveaux des instances de défense de l’industrie de la communication, qui élaborent en ce moment des stratégies sophistiquées pour, comme le dit Gérard Noël (Vice-Président-Directeur Général de l’Union des Annonceurs depuis quelques années), « redonner ses lettres de noblesse à la publicité » face à l’effondrement continu de l’image de leur profession, ne manqueront pas de faire remarquer que, si ce Papa avait consacré un peu de temps à son enfant pour, par exemple, lui lire un livre, par exemple sur la sobriété heureuse racontée aux enfants, plutôt que de la laisser se gaver de films américains à la télé, cet accident n’aurait pas pu avoir lieu.

Cela dit, à l’ère d’Internet, la levée du secret sur le Père Noël ne sera peut-être pas le plus grand risque auquel cette petite fille sera exposée.

Et puis, pour une fois qu’une banque n’essaie pas de nous faire croire au Père Noël… Par exemple, si on compare le Crédit Mutuel avec sa cousine, coopérative également, la Banque Populaire, qui fait campagne en nous racontant des contes de fées, il faut reconnaître que l’argument hyper-précis de l’absence de commission des chargés de clientèle du Crédit Mutuel tape juste. Sans compter la réalisation, de qualité sans tape-à-l’œil, et bien plus pertinente sur notre vie quotidienne, que bien des réclames braillardes qui abrutissent grands et petits (car n’oublions pas que les ¾ des campagnes qui sortent des agences des grands publicitaires qui nous expliquent que ce qui rendra la pub à nouveau populaire, c’est la créativité et l’intelligence, sont des merdes débiles et promotionnelles… à quand une notation des agences en fonction de l’ensemble de leur production ? CHICHE !).

Ce n’est pas le rôle du Collectif des publicitaires eco-socio-innovants de venir au secours du Père Noël et de lutter contre le « Santa Claus coming-outing ». De toute façon, le Jury de Déontologie de la Publicité de l’ARPP ayant, d’après Rue89, été saisi par ce papa en colère du fait qu’il n’y a pas de plus grand mensonge public et de cause plus urgente, on ne doute pas que, soucieux de redorer l’image de la Publicité, il va avoir à cœur de réprimer plus sévèrement que… jamais, l’expression de bon sens populaire « on nous fait croire au Père Noël ».


Webreakfast LIMITE n°3 : 10 best practices en e-fundraising pour la fin de l’année

Vous n’étiez pas à l’International Fundraising Congress (IFC) d’Amsterdam ? Vous avez raté les différents livetwitt qui ont été réalisés en direct des Masterclass et des sessions ? Vous ne savez pas ce qu’est l’IFC ou Twitter mais vous voulez quand même savoir quelles sont les 10 techniques les plus chaudes pour réussir sa collecte de fin d’année et préparer la prochaine crise / urgence ?

Alors inscrivez vous vite au 3ème webreakfast LIMITE (place limitées) qui aura lieu le mardi 16 novembre 2010 de 9h à 12h à la Maison des Associations du 2ème arrondissement (23 rue Greneta), et qui portera sur le e-fundraising et la collecte de fonds via l’Internet (fixe et mobile) : c’est ici.

Il s’agira, notamment dans le prolongement des présentations qui ont eu lieu à l’IFC et notamment de sa Masterclass « Taking digital to the next level : digital fundraising cutting-edge techniques » qui a vu intervenir des orateurs de l’UNICEF, de Facebook et des consultants spécialisés en collecte numérique, de débattre des best practices internationales qui sont transposables dans le contexte de l’Internet français et de la collecte de fonds en France.

Le webreakfast s’ouvrira sur une synthèse des principaux points abordés à Amsterdam, pour ensuite ouvrir la discussion sur des cas pratiques : l’utilisation de la vidéo, l’achat de mots clés en phase d’urgence, l’emploi réussi de Facebook en fundraising, les 10 technologies numériques stratégiques qui changent la collecte de fonds, l’importance des « free agents » et de la parole des victimes / bénéficiaires, le storytelling donateur en fidélisation, les textos comme outil de communication et de fundraising, 10 conseils pour une collecte « donor-centric », la collecte numérique n’est pas une collecte comme les autres, 5 chiffres qui font réfléchir, …

Intervenants : Frédéric Bardeau, Olivier Blondeau, Nicolas Danet

Pouvoir et responsabilité de la publicité, un débat nécessairement permanent

Toujours à l’affût de données sur l’application du syndrome de Spider Man à la publicité (« With great power come great responsibility »), on a relu « Publicité et psychologie » sorti fin 2009 aux Editions In Press sous la direction de Nathalie Blanc et Julien Vidal (département de psychologie de l’Université de Montpellier 3).

Partant de la désormais célèbre citation de Patrick Lelay (« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible« ), le bouquin tente de répondre à des questions clés de la communication responsable – la publicité oriente-t-elle notre pensée ? nous conditionne-t-elle ? quels stéréotypes véhicule-t-elle ? – et aborde des problématiques centrales du positionnement que nous avons et des discussions que l’on a régulièrement dans le cadre du Collectif des Publicitaires Eco Socio Innovants.

Car pour parler un peu de ce qui nous importe fondamentalement, à nous en tant que professionnels autant qu’à nos clients, nous savons bien qu’à travers la pub, c’est « la société qui se parle à elle-même » via les stéréotypes de l’époque, et que la pub a comme le disent les auteurs un pouvoir « écologique » en ce sens qu’elle fait partie intégrante de notre environnement social et cognitif : l »individu va traiter certains de ses éléments comme le message, la marque, ou encore le visuel présenté ».

Mais rappelons nous que dès 1908, Walter Dill Scott déclare que la publicité a pour « fonction première d’influencer les esprits humains« , qu’elle se veut donc efficace et rationnelle mais que son champ privilégié d’étude et d’action reste malgré tout l’inconscient, le désir et les pulsions. Les processus non conscients (ou automatiques) qui permettent à la publicité d’influencer le comportement des individus ne sont d’ailleurs pas à démontrer (voir les travaux de Brunel, Tietje & Greenwald, 2004 ; Courbet, 2003, Pêtre, 2005, Trendel & Warlop, 2005, Zaltman, 2003) mais plutôt à appréhender de manière éthique et responsable. L’acte d’achat, ou pour nous bien souvent plutôt le changement de comportement, le passage à l’action ou le don, devant être obtenus de façon équilibrée, juste et non discriminatoire. C’est le sens des 4 piliers et 3 principes de la « copie stratégie responsable » que nous avons proposé.

Le 1er niveau de cette responsabilité est en effet le message, et non pas l’éco-conception de la campagne (trop facile), car le livre le rappelle s’il en était besoin : « la communication publicitaire est un lieu privilégié de circulation des représentations sociales » (Defrance, 2004) et qu’elle participe donc activement à leur élaboration, à leur évolution ou à leur pérennisation. Ces « croyances non négociables » (Moscovici, 1993) – les stéréotypes – sont parfois convoqués (la ménagère de moins de 50 ans ?) pour être ré-ancrés ou « retournés » (disruption ?) mais ils forment bien souvent le coeur des campagnes car ils sont « un raccourci cognitif socialement partagé » et permettent la connivence. L’autre élément clé de l’influence psychologique de la pub, c’est l’utilisation de l’humour et son efficacité en terme d’influence. Là aussi la littérature psychologique et sociologique ne manque pas et elle démontre que les publicités humoristiques sont mieux perçues que les publicités qui ne le sont pas, et qu’elles poussent l’individu à explorer plus rigoureusement l’argumentaire publicitaire, mais le second point acquis c’est que les effets varient en fonction du « besoin d’humour » des individus : l’usage de jokes en pub fonctionne mieux sur les personnes « à faible besoin de cognition » (n’aspirant pas à être convaincus rationnellement par une argumentation) que sur les autres.

Dernier niveau, les auteurs abordent le Saint Graal des publicitaires et de leurs clients : le conditionnement évaluatif (le « j’aime » ou le « j’aime pas » avant Facebook) fait référence au conditionnement des évaluations, des attitudes, des préférences et des goûts. Sur la base de Puto & Wells (1984), ils affirment que c’est bien la publicité qui fait appel aux sentiments (versus les faits objectifs) qui a le plus d’influence sur les attitudes à l’égard des produits représentés dans les campagnes. C’est ce qui pousse les agences à proposer des célébrités adulées comme « binôme » des marques car cela a été étudié comme entraînant des préférences produits particulièrement persistantes.

Alors que devons nous penser nous les publicitaires responsables qui tentons de faire appel à l’esprit critique et à l’intelligence des publics que nous visons dans nos campagnes ? Et bien que nous avons malgré tout raison, car les travaux démontrent également que rien n’est gagné ad vitam aeternam ! Les « ré-évaluations » sont en effet réguliers et ils se font souvent à l’occasion de crises ou de ré-étude de la proximité qu’on a pour une marque au regard de ses valeurs. Et quand une marque attire à soi les préférences d’une personne, elle peut perdre ce crédit rapidement en cas de comportement non responsable ou de contradiction manifeste entre son déclaratif et la réalité de ses actes. La responsabilité intrinsèque de la marque, et de sa communication, permettent de pallier à l’adage connu selon lequel « une réputation met des années à se faire et quelques secondes à se défaire » et d’éviter les « ré-évaluations négatives ». Une sortie par le haut est donc possible : les grands pouvoirs de la publicité servant au bout du compte à communiquer la responsabilité de la marque et la conscience aiguë qu’elle a de son influence, de constituer un repère pour le consommateur… ou le citoyen car c’est la même chose (« l’homme multidimensionnel »).

Et ce n’est pas le neuromarketing qu’il soit par TEP (tomographie par émission de positons), par IRMf (imagerie cérébrale fonctionnelle), par EEG (électroencéphalographie) ou encore par MEG (magnéto-encéphalographie) qui change quelque chose à ça. En effet, si ces techniques ont de beaux jours devant elles, c’est parce qu’elles viennent sophistiquer la visualisation et l’intégration de mécanismes déjà étudiés et démontrés par la psychologie et la psychosociologie. Il n’y a qu’à lire un bon exemple d’application au travers de l’article de Sciences Humaines sur la prévention santé via les neurosciences dans les campagnes gouvernementales (merci @Sauveur).

On a pas fini d’en reparler…