Networked nonprofit : comment les réseaux sociaux transforment l’action associative ?

Le troisième rendez-vous LIMITE de la Social Media Week, co-organisé avec Gullibear, s’intéressait à l’impact des réseaux sociaux sur le modèle et l’action des associations, ONG et fondations. Quoi de mieux, donc, qu’une interview de Beth Kanter, spécialiste des ONG, pour ouvrir le débat et la réflexion autour de la notion de « networked nonprofit ».

 

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Les associations pensent aussi aux mobinautes

Selon le dernier rapport de BuzzCity (télécharger le rapport en PDF), la France se place au 10ème rang européen du marché de la publicité sur mobile. La croissance sur le troisième semestre 2011 est remarquable, +99%, avec précisément 130 035 614 annonces.

Si les associations semblent encore en retrait sur ce marché, elles se montrent beaucoup plus au fait de l’optimisation de leurs sites pour la navigation à partir d’un téléphone portable comme le révèle notre étude « e-donateur » à paraitre prochainement. Ceci confirme également leur volonté de continuer à élargir leur audience en s’adaptant aux nouveaux usages des technologies mobiles ainsi que leur réactivité sur cette question. La France compte 17,7 millions de mobinautes et 70% d’entre eux se connectent tous les jours (source Médiamétrie).

Réseaux sociaux et collecte de fonds : 10 commandements pour réussir

C’est le thème des 6e Rencontres de la Philanthropie organisées par la Mutuelle Saint-Christophe le mardi 25 octobre, en partenariat avec l’Association Française des Fundraisers (AFF) et le Crédit Suisse. Les opportunités et les risques d’une intégration des réseaux sociaux dans les stratégies de collecte des associations, fondations et ONG seront présentés et développés par Frédéric Bardeau, VP fondateur de l’Agence LIMITE, et Hélène Bongrain-Meng, Directrice du Développement des Ressources de l’Institut Curie, avant de laisser la place à des échanges avec la salle, suivis d’un cocktail.

Pour plus d’information et pour confirmer votre présence (avant le 17 octobre 2011), envoyez un mail à service.developpement@msc-assurance.fr ou appelez au 01 56 24 76 84.

Bonne année 2012 ?

Bon et bah voilà, Noël c’est demain, et tout le monde sait que cette fin d’année va être cruciale pour les ressources des associations, ONG et fondations qui lèvent à cette occasion entre 40 et 70% de leurs fonds sur les dernières semaines de l’année, voir sur les derniers jours. Tout le monde travaille donc à peaufiner ou à réfléchir à des campagnes de collecte de fonds pour la fin de l’année, on cherche des idées, on pense que c’est d’Internet que va venir la lumière mais on compte ses sous et on en a pas beaucoup, d’où l’idée de faire de l’Internet car c’est considéré comme moins cher.

Souvent, en recevant des briefs « e-collecte », on a toujours tendance à recadrer les choses vers :
- l’importance centrale de trouver « l’idée » qui va déclencher l’intérêt et le passage à l’acte
- la nécessaire convergence des aspects communication et collecte pour déployer « l’idée »
- au plan de la collecte, la capitalisation évidente vers une approche multicanale

Mais il est rare qu’on ne nous ramène pas assez rapidement, après nous avoir dit qu’on avait raison et que ce qu’on dit est très intéressant, vers une stratégie purement webmarketing. Cela ne nous déstabilise pas plus que ça car Internet est notre matrice, notre source d’inspiration et nous pensons que l’épicentre des campagnes de communication et marketing se trouve là, et non plus à la TV.

Donc nous faisons appel à tout la palette qu’offre Internet et nous orchestrons des stratégies à 360° sur le online, mobilisant l’A/B testing, des segmentations fines avec des pages d’atterrissage, des dispositifs de constitution d’une base de prospects avec des chainage de transformation jusqu’au don, des pages « pourquoi donner » et « comment nous aider », des actions sur les médias sociaux, etc.

Mais franchement, il est tellement payant de connecter la com et le marketing, d’introduire modestement mais sûrement du multicanal dans les campagnes, d’innover en testant de nouveaux messages, de nouveaux formats ou encore en allant chercher de nouvelles audiences qu’on ne peut que vous inviter à le faire et à nous consulter pour ça.

Il est encore temps. Il est toujours temps.
Et on vous invite à penser dès aujourd’hui à vos voeux 2012 !

Intervention de LIMITE au séminaire AFF de la collecte de fonds

LIMITE n’est pas une agence de fundraising, mais une agence de communication responsable, qui conçoit des campagnes qui génèrent des interactions, des contacts, des prospects et des donateurs. C’est à ce titre que l’agence intervient chaque année dans l’incontournable séminaire de l’Association Française des Fundraisers (AFF), le plus souvent sur des problématiques qui touchent à Internet. En effet, à travers ce média (ou canal ou espace), les frontières entre communication et marketing volent en éclats.

Séminaire AFF 2011

L’année dernière, nous avions partagé en séance plénière, aux côtés d’Hélène Bongrain de la Fondation Abbé Pierre (maintenant Institut Curie) et d’Anne-Marie Schmidt de Greenpeace, nos « cas clients » et bonnes pratiques dans le domaine de la « e-collecte ». Cette année, l’AFF nous a donné l’occasion d’animer 2 ateliers privés, ce dont nous la remercions au passage, et nous a demandé de nous concentrer sur des aspects plus méthodologiques pour démontrer, non pas « pourquoi faut-il placer Internet au cœur de sa stratégie Internet ? » mais « comment ? », et c’est l’exercice auquel nous nous sommes livrés devant une trentaine de participants à 2 reprises durant le séminaire.

Du fait de notre double positionnement d’agence conseil en communication et d’expert en stratégie digitale, le « comment » pour LIMITE consiste à s’appuyer impérativement sur les piliers suivants, pour bénéficier de l’effet de levier intrinsèque d’Internet et gagner des parts de voix pendant qu’elles sont encore bon marché :

  • une stratégie digitale doit être une déclinaison connectée et intégrée à la stratégie générale de l’organisation, à la fois aux plans stratégique, communication et marketing : si cela paraît être une évidence, LIMITE a les compétences, les outils et les méthodes pour le rendre concret et opérationnel (comité Internet, KPI…)
  • une stratégie digitale embrasse le web et le mobile bien entendu, mais aussi le système d’information, le e-CRM (le 360° numérique) et surtout les synergies fortes qu’Internet possède avec les actions marketing/communication « offline » et le terrain
  • une stratégie digitale se doit d’être découpée en 3 tiers en termes d’efforts humains et budgétaires :
    • 1/3 pour les présences web (hébergement, exploitation, maintenance technique, fonctionnelle et graphique des sites de l’organisation et de ses espaces sur les réseaux sociaux)
    • 1/3 pour les contenus et l’animation éditoriale (création, mises à jour, modération, newsletter, sollicitations prospects, emailings de fidélisation…) en lien avec l’actualité de l’organisation (communication pub, RP) et les actions marketing (MD, téléphone…)
    • 1/3 pour la gestion des différents éléments liés au trafic : référencement naturel, référencement payant (achat de mots clés, campagnes Facebook, affiliation, emailing)
  • une stratégie digitale présente des règles du jeu et des contraintes spécifiques :
    • il ne faut pas hésiter à échouer le plus vite possible. Qu’est-ce que cela implique ? se lancer, tester, ajuster ; être ainsi en béta permanente. Eviter donc de dépenser tout son budget dans le lancement et prévoir des réserves, non seulement pour l’animation, mais aussi pour les évolutions et optimisations…
    • ne pas minimiser les spécificités de l’exécution (technique, fonctionnelle, graphique, éditoriale, virale), ou encore l’adéquation entre les ressources allouées et les objectifs poursuivis. L’exécution est tout aussi importante que le fond (posture, message, tactique de diffusion).

La fin de l’année se prépare maintenant, n’hésitez pas à nous solliciter cet été pour réfléchir à votre stratégie digitale : on est là !

 

Petit déjeuner AFF : réseaux sociaux et e-fundraising

Suite à l’invitation de l’Association Française des Fundraisers (AFF), LIMITE anime pour les professionnels de la collecte de fonds des associations, fondations et ONG un petit déjeuner sur les réseaux sociaux et le e-fundraising, le 28 avril prochain chez Médecins du Monde.

Petit déjeuner AFF - Frédéric Bardeau

Plus d’infos ici mais je crois que les places étant limitées, il n’est plus possible de s’inscrire : les slides présentées seront publiées ici le lendemain de toute façon pour ceux qui n’auront pas pu assister au petite déjeuner, et nous sommes à votre disposition pour en parler plus spécifiquement.

Une campagne de e-fundraising, une vraie !

Une page de don en ligne exemplaire, une transparence claire et nette, un bilan des actions, des soutiens prestigieux, du buzz en veux tu en voilà : tout y est ! Mais qui est donc l’émetteur de cette campagne de e-fundraising ? Une association connue de tous ayant une fois par an un créneau TV institutionnel ? Une ONG présente dans plus de 50 pays depuis plus de 50 ans ? Une fondation disposant d’un budget marketing communication conséquent ?

Campagne de financement 2011 de la Quadrature du Net
Campagne de financement 2011 de la Quadrature du Net

Non, il s’agit de la campagne d’appel à collecte de la Quadrature du Net, une vraie démonstration et un exemple pour tout le secteur caritatif : une marque, une porte parole, un logo, des actions de plaidoyer et de RP, de la cohérence mais surtout des actions !

Alors qu’attendez vous ? Inspirez vous de la Quadrature du Net, et soutenez là aussi !

La collecte de fonds sur Internet et les e-donateurs : étude IFOP et analyse de 103 associations

MISE A JOUR : vous pouvez télécharger intégralement l’étude en PDF si vous relayez son existence sur votre compte Twitter ou Facebook :

Etude IFOP LIMITE
Aujourd’hui a été présenté @ La Cantine l’intégralité des résultats de l’étude conduite en novembre et décembre 2010 par LIMITE et l’IFOP au travers d’une méthodologie en 3 phases :

- analyse exhaustive et systématique des stratégies digitales de 103 associations faisant appel à la générosité du public via Internet au regard de 6 familles de critères objectifs (accessibilité, référencement, transparence, interactions non financières, transactions financières, contenus)

- interrogation des Français (échantillon représentatif – méthode des quotas) et d’un segment de « e-donateurs » sur leurs comportements et leurs perceptions vis-à-vis du don en ligne et des associations collectant via Internet

- enquête auprès des responsables des associations sur la place d’Internet dans leurs stratégies de collecte aujourd’hui et pour les années à venir

Pour plus d’informations sur le savoir-faire de LIMITE ou pour une présentation détaillée et personnalisée de l’intégralité des résultats: frederic(point)bardeau(at)agence-limite(point)fr

  • Consultez la présentation du 14 décembre 2010 :

Plus de présentations de l’Agence LIMITE.
Et pour ceux qui veulent revivre l’événement, voici la retransmission en mode « moyens légers », filmé avec un iPhone et diffusé par Qik (ça peut donner des idées) :

Première partie :

Seconde partie :

Présentation de l’étude IFOP – LIMITE sur les e-donateurs le 14/12 @ La Cantine

Bien que, grâce à l’augmentation du don moyen et aux aides fiscales, la collecte de fonds continue de progresser, le nombre donateurs français tend à se réduire. L’enjeu du renouvellement des troupes est essentiel pour le secteur associatif français. Personne ne doute que, comme dans les autres pays et d’autres secteurs, Internet ne soit central dans cette transformation.

Mais à quelle hauteur, comment et quand investir sur Internet ? Et pour quels objectifs ?

Une étude récente de France Générosités, réalisée sur la base des déclarations de ses organisations membres, constate que celles-ci n’ont enregistré que 1,9% de leurs dons par Internet. Comment expliquer cette faible part d’Internet dans la collecte de fonds caritative française, en retrait par rapport aux progressions rapides que plusieurs fundraisers français et nous-mêmes avons constatées depuis 2008 :
- contradiction entre le déclaratif des « e-donateurs » et leur passage à l’acte de don, comme semble l’indiquer l’étude menée par Mediaprisme sur la base de 2180 répondants de sa communauté d’internautes « Emailetvous » ?
- décalage entre les attentes et les pratiques des « e-donateurs » et ce que leur propose la moyenne des organisations collectrices ?

Alors que l’étude IFOP démontre que 7% des Français se déclarent « e-donateurs » : qui sont ces donateurs en ligne, quels sont leurs comportements et en quoi sont-ils différents, ou non, de ceux des donateurs des autres canaux ? A quelles logiques et attentes faut-il se préparer à répondre instantanément, dans un contexte d’évolution des comportements de consommation dont les industries de la musique, de l’édition, de la presse et de la VPC ont expérimenté les conséquences à leurs dépens ou à leur avantage ? La progression du don en ligne est-elle plus rapide pour les organisations qui mettent en œuvre les stratégies de e-fundraising les plus pro-actives ? Les e-donateurs ont-ils les mêmes préférences en termes de marques et de causes associatives que l’ensemble des donateurs ?

C’est à toutes ces questions que propose de répondre l’étude conduite par l’IFOP pour LIMITE auprès d’un échantillon représentatif de la population française (méthode des quotas), des « e-donateurs » et de 100 organisations françaises faisant appel à la générosité du public via Internet.

Elle se décompose en 4 volets :
- une comparaison systématique des présences Internet selon 6 familles de critères objectifs,
- un sondage sur la fréquence des dons en ligne auprès des Français,
- un sondage réalisé auprès des Français se déclarant « e-donateurs »,
- une enquête par questionnaire et par téléphone auprès des associations.

L’intégralité des résultats sera présentée et analysée par Jérôme Fourquet, Directeur du Département Opinions de l’IFOP.

Le 14 décembre 2010 à 14h30 précises @ La Cantine
(12, galerie Montmartre, 151 passage Montmartre, Passage des Panoramas, 75002 Paris)

Places limitées, détails et inscription sur http://bit.ly/etudeIFOP-LIMITE

« Facebook, Twitter : je t’aime moi non plus ! » Du bon usage du slacktivism par les ONG.

Depuis quelques mois se déroule un fil de discussion impressionnant autour du « slacktivism » qui caractérise des formes d’engagements politiques, humanitaires, etc.  assez lâches que l’on voit se développer à la faveur du succès des réseaux sociaux et dont Facebook est l’exemple emblématique. Pour simplifier la question, il s’agit de savoir si cliquer le bouton « J’aime » peut constituer une forme d’engagement  pertinente : d’où l’expression « Clicktivism » qui est un autre synonyme de cette modalité d’engagement que certains qualifient « d’engagement mou ». Ce débat n’est certes pas nouveau, ni dans sa formulation (« la révolution ne sera pas tweetée » renvoie au fameux slogan de Gil Scott Heron : « la révolution de sera pas télévisée »), ni dans les problématiques qu’il pose (la question du rôle de la technologie et des médias –quels qu’ils soient- dans leur rapport à l’engagement et à la mobilisation).

Le débat sur le « slacktivism » : une réification de la figure du militant ?

Ce débat autour du l’engagement par internet sous la forme du « slacktivism » avait trouvé toute son actualité à l’occasion des événements qui se sont déroulés en Iran en juin 2009 à l’occasion des élections présidentielles et en particulier du rôle joué par le site de micro-blogging Twitter (Voir l’article - #iranelection #gr88 #neda Please RT : mais qu’a donc fait Twitter en Iran ?). Dans le prolongement de ces événements, tous les commentateurs, qu’ils soient techno-euphoriques ou techno-prophétiques, y  sont allés de leur analyses, parfois toutes aussi caricaturales les unes que les autres.

C’est sans doute au journaliste anglo-américain Malcolm Gladwell que reviendra la palme des commentaires les plus fantaisistes à ce sujet ; commentaires repris abondamment par la presse internationale et, chose plus étonnante, par le blog français Internet Actu (voir l’article Réseaux contre hiérarchies, liens faibles contre liens forts). Comparant le mouvement non violent noir américain, les mouvements d’inspiration terroriste des années 50 à 70, ce « penseur chic et un peu toc » comme le qualifiait un article du New York Magazine repris par Courrier International en février 2009, expliquait que les formes d’engagement émergentes à travers les réseaux sociaux ne ressemblaient pas aux formes d’engagements plus traditionnelles in real life et donc celles donc qui vont du NAACP aux RAF (Fraction Armée Rouge), dés lors que les jeunes ne faisaient que cliquer « J’aime » telle ou telle cause sur Facebook. On s’étonnera que cette analyse sur les formes, répertoires et trajectoires de mobilisation puisse aujourd’hui encore avoir un quelconque crédit tant elle apparaît désuète : en clair, un « vrai militant » est celui qui soit se fait frapper par la police sans rien dire, soit quelqu’un qui prend les armes, détourne un avion ou prend en otage un chef d’Etat pour l’exécuter ensuite ; le reste n’étant qu’activisme mou et autre « engagement distancié ».

On s’amuserait presque de cette « ruse de l’histoire » qui voulu que quelques heures après la publication de ce billet sur Internet Actu, des dizaines de milliers de jeunes lycéens, qui s’étaient organisés par Facebook, MSN ou par SMS sortent dans la rue pour contester la réforme des retraites du Gouvernement et que les mêmes qui parlaient de « slacktivism » soient épouvantés par ces technologies qui produisent du chaos, de la violence et de la contestation sociale (on s’était de la même manière inquiété en son temps du rôle joué par les Skyblog lors des émeutes de banlieue en France en 2005 ( voir l’article « R@caille digitale ou les émeutes de banlieue n’ont pas eu lieu »). On ne s’en amusera cependant complètement car il est difficile d’oublier que c’est à nos enfants que l’on injoncte de fait, pour qu’ils puissent obtenir leur certificat de bons et de vrais militant,  le port d’une arme ou à tous le moins l’opposition frontale à une répression du mouvement social particulièrement violente.

Qu’est que s’engager ?

Au-delà de ces analyses à l’emporte pièce, il convient aujourd’hui de se poser la question du rôle que peuvent jouer les réseaux sociaux et autres sites de partage dans la mobilisation en évitant de réifier des formes de militantisme qui n’ont jamais existées, car il convient d’en être convaincu, on ne nait pas militant, mais on le devient au terme d’histoires, de trajectoires nourries de rencontres, d’expériences, etc. Toute personne qui a eu l’occasion de fréquenter un syndicat, un parti ou une association sait que la mobilisation, l’entrée dans une trajectoire de bénévole ou de militant passe très souvent par des étapes qui ne se résument pas à une vision essentialiste ou dichotomique du militantisme. Et à cet égard, de la même manière que distribuer un tract devant une entreprise à 6 heures du matin, il n’apparaît pas choquant (froid en moins :) que quelqu’un qui clique « j’aime » sur une cause pour en assurer une large diffusion sur Facebook de ce même tract.

Il n’apparaît pas plus choquant, à moins de réifier des formes d’engagements orthodoxes, que des utilisateurs de Twitter se mobilisent pour envoyer des outils d’anonymats à des internautes dont les gouvernements surveillent les communications ou qu’ils diffusent partout dans le monde le flux des informations en provenance de ces pays. Il apparaîtra de la même manière nullement choquant que des activistes écologistes tiennent, par Twitter et en temps réel, leurs contacts au courant de leurs actions visant à retarder l’avancée d’un train chargé de déchets nucléaires.  Cliquer « J’aime » sur un groupe Facebook pour promouvoir une cause et la signaler à son réseau de relation, n’est pas, loin s’en faut un acte anodin, embarquer (« embeder ») une vidéo sur son compte Facebook ou son blog, la commenter, la noter, non plus.

Détecter les signes d’engagement dans les réseaux sociaux et leur apporter une réponse

Mais c’est sans doute là que la responsabilité la plus grande incombe à l’organisation : toute la question qui se pose à elle est en effet d’être en capacité de détecter les signes de cette mobilisation diffuse pour pouvoir ensuite l’orienter vers des formes d’action plus organisées. Si beaucoup d’organisations, d’associations, d’ONG se félicitent d’avoir un grand nombre de « followers » sur Twitter, d’ « amis » ou de personnes qui « aiment » leur dernière campagne, sur Facebook, bien peu se posent la question qui consiste à savoir ce qu’elle peuvent faire avec ce potentiel de bénévoles et de militants. Cette attitude fait penser à une pratique ancienne du PCF, le « défrichage » qui consistait à faire remplir des talons d’adhésion à la Fête de l’Humanité pour annoncer le chiffre lors du meeting du dimanche soir du Secrétaire Général et ne jamais reprendre contact avec ces personnes qui avaient pourtant signer un bulletin d’adhésion.

On s’étonnera ainsi que nombre d’associations oublient, ne serait-ce que de remercier sur les différents supports sur lesquels ont été relayé leurs campagnes, les personnes qui ont contribué à en assurer la publicité et la diffusion. On s’étonnera encore plus qu’il ne leur soit pas proposé de s’abonner à une newsletter permettant ainsi de garder un lien plus étroit avec eux permettant de les inscrire dans un processus d’adhésion, sous une forme ou une autre, à la vie de l’association. On parle aujourd’hui beaucoup de community management ou de « gestion de la relation client ». Sans aller jusqu’à avancer qu’il y a une parfaite homologie entre ce champ qui émane du marketing et celui du monde des ONG, il convient de réfléchir, à la faveur du développement de ces outils (et notamment ceux de la relation clientèle) comment les utiliser pour permettre à des publics de s’inscrire dans une trajectoire de mobilisation autour d’une cause, d’une campagne, d’un problème public ou d’une organisation.

Loin des déclarations réifiantes et souvent déceptives vis-à-vis des nouveaux médias, de leur rôle qu’elles peuvent jouer pour les associations, les ONG ou les fondations, il convient de prendre la mesure du potentiel de mobilisation qu’elles recèlent dés lors qu’elles sont utilisées de manière cohérente dans le cadre d’une politique propre à une organisation. Il s’agit moins de se poser en effet la question de la nature de ces outils que de les utiliser de manière à permettre aux publics de s’inscrire dans des trajectoires d’engagement qui leur convient : qu’il s’agisse de formes de bénévolat, de militantisme ou de don, considérant chaque type d’action comme étant potentiellement une voie d’accès à la cause et à son organisation.