« À l’abri de rien » : la réalité du mal-logement du web à l’édition

Nous vous avions déjà parlé du (très réussi) webdoc de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, nous ne pouvions donc que vous annoncer la sortie aujourd’hui (veille de la reprise des expulsions locatives), du livre qui en est issu : « À l’abri de rien » de Samuel Bollendorff (membre du Comité d’éthique de LIMITE) et Mehdi Ahoudig.


Nous avons hâte de le découvrir, mais il confirme déjà que lorsqu’une idée de com est juste et au service du fond elle peut/doit se décliner sur plusieurs supports…

Networked nonprofit : comment les réseaux sociaux transforment l’action associative ?

Le troisième rendez-vous LIMITE de la Social Media Week, co-organisé avec Gullibear, s’intéressait à l’impact des réseaux sociaux sur le modèle et l’action des associations, ONG et fondations. Quoi de mieux, donc, qu’une interview de Beth Kanter, spécialiste des ONG, pour ouvrir le débat et la réflexion autour de la notion de « networked nonprofit ».

 

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Le web responsable, un « petit » sujet pour la com digitale ?

La semaine dernière l’AACC sortait son « petit guide de collaboration avec une agence interactive » conçu pour permettre « d’accompagner encore mieux les échanges entre annonceurs et agences-conseils en communication interactive ». On y trouve des (petites) infos sur les principes de rémunération, des (petites) descriptions des champs d’expertises, des (petits) points de repères pour bien sélectionner une agence interactive et un « mini guide du brief »… mais même pas un petit mot sur le web-reponsable. :-?
 
Du côté de certaines agences pourtant la réflexion est déjà engagée depuis un moment. Comme nous vous en avons déjà parlé ici, un groupe de travail AFNOR (auquel LIMITE a participé) a planché sur la transposition de la nouvelle norme ISO 26000 sur la responsabilité sociale des entreprises aux métiers de la communication. Le volet numérique de ce travail sera d’ailleurs prochainement rendu public. Alors à bientôt !
 

Les associations pensent aussi aux mobinautes

Selon le dernier rapport de BuzzCity (télécharger le rapport en PDF), la France se place au 10ème rang européen du marché de la publicité sur mobile. La croissance sur le troisième semestre 2011 est remarquable, +99%, avec précisément 130 035 614 annonces.

Si les associations semblent encore en retrait sur ce marché, elles se montrent beaucoup plus au fait de l’optimisation de leurs sites pour la navigation à partir d’un téléphone portable comme le révèle notre étude « e-donateur » à paraitre prochainement. Ceci confirme également leur volonté de continuer à élargir leur audience en s’adaptant aux nouveaux usages des technologies mobiles ainsi que leur réactivité sur cette question. La France compte 17,7 millions de mobinautes et 70% d’entre eux se connectent tous les jours (source Médiamétrie).

Afrique : 40 ans plus tard, toujours le même regard

Pourquoi les Français tardent-ils à donner pour la Corne de l’Afrique ? A la suite de l’enquête IFOP-LIMITE, nous vous proposons des pistes à explorer pour une communication adaptée aux exigences et attentes des donateurs actuels. 

> Retrouver l’étude IFOP-LIMITE de août 2011.

Ecce Assange. Exit Murdoch. Pour les marques aussi.

L’ère de l’hyper vérité est-elle sur le point de remplacer celle de l’hyper mensonge ?

Et si oui, quelles conséquences nous autres, communicants, devons en tirer dans l’élaboration et la conduite de nos stratégies ? En particulier lorsque nous travaillons pour des marques dont le positionnement est très engagé sur des valeurs d’intérêt général, environnement, santé, respect… ?

Mensonge

Au moment où il semble que l’empire du mensonge qu’a élaboré le clan Murdoch va s’effondrer dans un immense scandale qui révèle chaque jour un peu plus la collusion qui s’était établie entre les pouvoirs et les cyniques parodies d’actualités qui, ces dernières années, ont souvent tenu lieu d’information à un public encore crédule, l’onde de choc Wikileaks qui a gagné le monde et paniqué les pouvoirs depuis 2010 pourrait bien changer radicalement le cadre dans lequel s’élaborent les opinions et les images des marques.

L’excellent débat animé le 5 décembre par Amy Goodman sur DemocracyNow entre le philosophe slovène Slavoj Zizek et Julian Assange permet de comprendre à quel point la nouvelle donne de l’opinion publique est bouleversée.

http://www.dailymotion.com/video/xjoi40

A la 53ème mn (part 2) Slavoj Zizek revient sur ce fait : Wikileaks crée cette situation révolutionnaire dans laquelle plus personne ne peut faire semblant de ne pas savoir (…) « même si vous voulez ignorer Wikileaks, il a complètement changé la scène médiatique (…) Nous sommes au moment de vérité » « ceci est une pénétration idéologique de la vérité dans tous les médias mainstream »

Julian Assange : les informations sur les régimes arabes rendues publiques par Wikileaks fin 2010 ont créé un contexte dans lequel les élites internationales et le gouvernement américain ne pouvaient plus prétendre ne pas savoir que c’étaient des dictatures.

A Amy Goodman qui cite les nombreux dirigeants politiques de tous pays qui ont engagé une chasse sans merci contre Julian Assange, comme Newt Greenwich qui dit : « Julian Assange est engagé dans une guerre du terrorisme de l’information », ce dernier répond (après un trait d’humour sur Sarah Palin à la 12ème minute) : « ça a été incroyable de voir un nouveau mac-cartisme émerger en si peu de temps » (…) « ces gens sont effrayés de voir la face vraie de l’histoire révélée, leur réaction est rassurante »

Et Slavoj Zizek d’ajouter à la 19ème minute : « en fait, oui vous êtes un terroriste, dans le sens où Gandhi était un terroriste (…) il a effectivement essayé d’interrompre le cour normal du colonialisme anglais (…) Si vous êtes un terroriste, que sont-ils, ceux qui essayent de vous arrêter ? »

Fin 2010, dans une interview au journaliste Glenn Greenwald, Julian Assange poussait plus loin l’explication : « Les informations (que nous divulguons) ont un potentiel réformateur. Et les informations qui sont dissimulées ou censurées le sont parce que les gens qui les connaissent ont bien compris qu’ils disposent de ce pouvoir réformateur. Ils s’emploient activement à empêcher cette réforme (…) Plus une organisation est secrète ou injuste, plus les fuites induisent la peur et la paranoïa parmi ses dirigeants (…) Comme les systèmes injustes génèrent nécessairement une opposition en raison de leur nature, et que dans bien des cas ils ont énormément de mal à se maintenir en place, des fuites massives exposent leur extraordinaire vulnérabilité à ceux qui cherchent à les remplacer par des systèmes de démocratie directe. »

En résumé, comme l’écrit Paul Jorion dans « La guerre civile numérique » (Textuel éditions) où ces propos sont rapportés : « Assange est certainement un Robin des Bois contemporain ».

L’hyper vérité, fruit par réaction de l’hyper mensonge, s’impose même au « shérif de Nottingham » : « même Fox News est bien obligé de travailler sur de l’info, elle ne peut pas travailler sans info ; de sorte qu’alors que CNN a caché certaines de nos infos, Fox a plus (repris nos infos et donc) donné la vérité au peuple que CNN » (Julian Assange au cours du débat Democracy Now du 5 juillet 2011).

Qu’est-ce que cette nouvelle donne de l’opinion change pour la communication des marques ?

- traditionnellement, les entreprises (mais aussi les associations) et surtout ce qui touche à la marque ont une culture du secret, fondée sur le contrôle maximal de l’information ;

- mais les marques sont désormais objet d’opinion : l’enjeu de leur image et de la passion – l’amour ou de la haine – qu’on leur porte est leur vérité, la vérité de la marque : l’approcher, l’exprimer avec sincérité, assumer ses  failles, la partager ;

- cette vérité des marques n’est plus l’exclusivité de ceux qui les détiennent: on ne peut plus verrouiller la communication, elle se fait en dialogue, en débats, parfois ailleurs que chez l’annonceur.

C’est particulièrement vrai des marques engagées, encore plus des associatives qui n’appartiennent plus tout-à-fait à leurs propriétaires légaux.

A qui appartient la vérité de la marque?

Certaines marques ne s’appartiennent plus tout-à-fait : Croix-Rouge, Max Havelaar, WWF, mais aussi Danone, Apple, Google, et bien d’autres, sur lesquels leurs publics et parties prenantes se sentent des droits, droits de « liker » ou droits de critiquer.

L’ère des Dircom verrouilleurs et des agences pour tout contrôler est révolue. Non seulement le storytelling façon Steve Denning ne fonctionne plus, ni pour valoriser ni même pour protéger les marques sur la place publique mondialisée qu’est devenu le web, mais les nouvelles règles de l’hyper-transparence la rendent dangereuse pour les « com-servateurs ».

Pour les marques à faible notoriété, encore pas ou peu partagées, c’est désormais un vrai choix stratégique de décider de s’engager ou non dans des stratégies de communication adaptées à ces nouvelles règles de l’imaginaire vrai et de la communication conversationnelle.

Celles qui sont déjà connues, peuvent, si elles ne sont pas prêtes à assumer les conséquences de ces nouvelles règles de communication, choisir de se replier sur des univers contrôlables.

Mais pour celles qui ont besoin du soutien de l’opinion grand public, l’apprentissage du « lâcher prise » passe par celui de l’imaginaire vrai et de la co-production. Il implique une transformation profonde des méthodes de communication, et parfois de l’organisation elle-même, en tout cas des mentalités.

Les réseaux sociaux globalisés sont le révélateur et le terrain de cet apprentissage.

Les marques qui vont tirer leur épingle de ce jeu de la vérité sont celles qui choisiront le camp de leurs clients contre celui des marchés financiers (pour les associations et fondations : de leurs militants et donateurs contre les puissances qui veulent contrôler leur combat).

Dans le monde des « wikibrands », la valeur reste créée par des marques. Mais par des marques révolutionnaires dont la conversation repose sur des « true stories » et qui acceptent que d’autres que les communicants co-produisent leur vérité.

Intervention de LIMITE au séminaire AFF de la collecte de fonds

LIMITE n’est pas une agence de fundraising, mais une agence de communication responsable, qui conçoit des campagnes qui génèrent des interactions, des contacts, des prospects et des donateurs. C’est à ce titre que l’agence intervient chaque année dans l’incontournable séminaire de l’Association Française des Fundraisers (AFF), le plus souvent sur des problématiques qui touchent à Internet. En effet, à travers ce média (ou canal ou espace), les frontières entre communication et marketing volent en éclats.

Séminaire AFF 2011

L’année dernière, nous avions partagé en séance plénière, aux côtés d’Hélène Bongrain de la Fondation Abbé Pierre (maintenant Institut Curie) et d’Anne-Marie Schmidt de Greenpeace, nos « cas clients » et bonnes pratiques dans le domaine de la « e-collecte ». Cette année, l’AFF nous a donné l’occasion d’animer 2 ateliers privés, ce dont nous la remercions au passage, et nous a demandé de nous concentrer sur des aspects plus méthodologiques pour démontrer, non pas « pourquoi faut-il placer Internet au cœur de sa stratégie Internet ? » mais « comment ? », et c’est l’exercice auquel nous nous sommes livrés devant une trentaine de participants à 2 reprises durant le séminaire.

Du fait de notre double positionnement d’agence conseil en communication et d’expert en stratégie digitale, le « comment » pour LIMITE consiste à s’appuyer impérativement sur les piliers suivants, pour bénéficier de l’effet de levier intrinsèque d’Internet et gagner des parts de voix pendant qu’elles sont encore bon marché :

  • une stratégie digitale doit être une déclinaison connectée et intégrée à la stratégie générale de l’organisation, à la fois aux plans stratégique, communication et marketing : si cela paraît être une évidence, LIMITE a les compétences, les outils et les méthodes pour le rendre concret et opérationnel (comité Internet, KPI…)
  • une stratégie digitale embrasse le web et le mobile bien entendu, mais aussi le système d’information, le e-CRM (le 360° numérique) et surtout les synergies fortes qu’Internet possède avec les actions marketing/communication « offline » et le terrain
  • une stratégie digitale se doit d’être découpée en 3 tiers en termes d’efforts humains et budgétaires :
    • 1/3 pour les présences web (hébergement, exploitation, maintenance technique, fonctionnelle et graphique des sites de l’organisation et de ses espaces sur les réseaux sociaux)
    • 1/3 pour les contenus et l’animation éditoriale (création, mises à jour, modération, newsletter, sollicitations prospects, emailings de fidélisation…) en lien avec l’actualité de l’organisation (communication pub, RP) et les actions marketing (MD, téléphone…)
    • 1/3 pour la gestion des différents éléments liés au trafic : référencement naturel, référencement payant (achat de mots clés, campagnes Facebook, affiliation, emailing)
  • une stratégie digitale présente des règles du jeu et des contraintes spécifiques :
    • il ne faut pas hésiter à échouer le plus vite possible. Qu’est-ce que cela implique ? se lancer, tester, ajuster ; être ainsi en béta permanente. Eviter donc de dépenser tout son budget dans le lancement et prévoir des réserves, non seulement pour l’animation, mais aussi pour les évolutions et optimisations…
    • ne pas minimiser les spécificités de l’exécution (technique, fonctionnelle, graphique, éditoriale, virale), ou encore l’adéquation entre les ressources allouées et les objectifs poursuivis. L’exécution est tout aussi importante que le fond (posture, message, tactique de diffusion).

La fin de l’année se prépare maintenant, n’hésitez pas à nous solliciter cet été pour réfléchir à votre stratégie digitale : on est là !

 

Webreakfast LIMITE n°4 : les hackers sont ils des modèles pour les acteurs non marchands ?

France 4 a diffusé récemment en avant-première sur Internet et diffusera vendredi sur son antenne le reportage « Pir@tages » qui traite de la culture et de l’éthique des « hackers » et que les geeks ont qualifié, sur Twitter et dans la blogosphère, de « salutaire » mais « avec « 10 ans de retard » tant le modèle hacker est à l’origine et au coeur du développement des technologies et des entreprises Internet. Mais est il également un modèle pour les associations, fondations et ONG ?

Pir@tages

Avec le journalisme de données ou l’organisation de fuites anonymes, dans le contexte des révolutions arabes et en parallèle de la montée de législations ou de dispositifs de contrôle de l’Internet, les hackers ont également fait irruption sur la scène géopolitique, médiatique et politique, à tel point qu’on parle d’une « internationale hacker » et de nouvelles formes d’activisme pour désigner les actions et les mobilisations portées par les émules de Wikileaks, les collectifs de hackers Anonymous et Telecomix et des associations comme la Quadrature du Net.

Ces nouveaux acteurs, leur organisation, les thèmes qu’ils portent, leurs méthodes de plaidoyer et de mobilisation, et leur modalités de financement sont autant de sujets de réflexion pour les associations, fondations et ONG qui interviennent dans les différents secteurs de l’intérêt général. A partir d’un balayage critique de ce nouveau paysage, LIMITE invite les acteurs plus traditionnels du secteur non marchand à débattre et à échanger sur les leçons à tirer, les choses à imiter ou au contraire les différences entre le secteur caritatif et grande cause d’une part et ces formes inédites et high-tech de représentation de la société civile.

Exclusivement réservé aux personnels permanents des associations, fondations, ONG, ce webreakfast se déroulera le 5 mai 2011 de 9h à 12h à la Maison des Associations au 23 rue Greneta 75002 Paris, et il est disponible à l’inscription (places limitées) via le formulaire qui se trouve ici.

Adieu le 30 secondes et bonjour les histoires

Les stratégies de com narratives (que nous préférons au « story-telling » sauf quand celui-ci est au service de l’imaginaire vrai ; cf. le post « Nous vivons une crise narrative ! » dit Naomi Klein) sont très adaptées au web. Mais n’oublions pas qu’elles ont d’abord été conçues pour la télévision, où elles ont progressivement rendu obsolète le bon vieux spot de pub de 30 secondes tant aimé des publicitaires tradi.
Ce soir, France 2 diffusera, en partenariat avec l’Institut Pasteur, un docu-fiction sur Louis Pasteur. Outre le fait qu’il est très intéressant, ce documentaire confirme que les associations et ONG sont de plus en plus nombreuses à adopter des stratégies narratives « intelligentes » . Nous avons déjà parlé sur ce blog des infographies et des webdocs qui permettent de s’attaquer à des sujets complexes sans les dénaturer, alors que la pub « classique » est par nature réductrice. Dans le cas présent, le docu-fiction donne à l’Institut Pasteur l’occasion de présenter l’ADN de sa marque : une opportunité au service de sa stratégie narrative.

Précisons que LIMITE n’a pas contribué à cette opération. L’agence accompagne en revanche l’Institut Pasteur dans le cadre du Think Tank Fiducie Philanthropique et des deuxièmes Assises de la Philanthropie qui auront lieu le 23 juin prochain ; nous vous en reparlerons d’ailleurs très prochainement.

Un bon webdoc sur le mal-logement

L’agence a découvert hier, en avant-première, le web documentaire réalisé par Samuel Bollendorff et Mehdi Ahoudig et produit par Textuel La Mine pour la Fondation Abbé Pierre : « À l’abri de rien ». Un webdoc, associant l’audio à la photo, autour de douze témoignages reflets de la diversité des situations de mal-logement en France.

A l'abri de rien

© Textuel La Mine

Une nouvelle fois, Samuel Bollendorff (membre du Comité d’éthique de LIMITE), s’attaque à un sujet difficile en utilisant la technique du web documentaire.

L’internaute est un zappeur/cliqueur invétéré… Oui, sauf quand on lui propose du contenu riche. C’est ce que confirme l’explosion des infographies et des webdocs qui transforment des infos complexes en contenus attractifs. « À l’abri de rien » est, à ce titre, un bon exemple d’une com très réussie pour faire comprendre ce qu’est le « mal-logement », une notion souvent présentée de manière réductrice.

www.alabriderien.com

Bref, une réalisation au service du fond, le genre de chose qu’on aime bien !