Ce qu’il ne fallait pas rater au Mécènes Forum 2017

Le 5 octobre s’est tenue la 2ème édition du Mécènes Forum de l’Admical que LIMITE a eu le plaisir d’accompagner tout au long du projet. Plus de 500 acteurs du secteur ont participé à cette journée dense. Les professeurs Alain Prochiantz, administrateur du Collège de France, et Marc Fontecave, également président de la Fondation du Collège de France, ont ouvert cette journée en affirmant clairement que la société française est désormais engagée dans sa révolution mécénale. Tout au long des débats de la matinée « Mécénat et Société » et de l’après-midi « Mécènes-Pros », Philippe Aghion, Alain Supiot, Frédérique Bedos, Axelle Davezac, Thierry Petit, Firoz Ladak et bien d’autres grandes voix de ce mouvement se sont ralliés au mot d’ordre « InnOsez ! ».

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Retour sur quelques moments clés…

L’état de l’opinion

Sylvaine Parriaux, Directrice générale de l’Admical a présenté les résultats (disponibles ici) de la dernière étude : « Les Français et le mécénat des entreprises et des entrepreneurs ». Elle montre que 84% des Français déclarent connaître le mécénat qui apparaît comme une démarche incontournable. Le volet qualitatif de cette étude révèle quant à lui que « engagement, partage et innovation » sont les valeurs associées spontanément au mécénat.

« La vision du mécénat par les Français est celle d’une opportunité pour renforcer le lien social, favoriser ce fameux vivre-ensemble et embellir l’image de notre pays ».

L’importance du mécénat pour les entreprises et pour l’innovation

David Sussmann, président de Seafoodia et fondateur de Pure Ocean a partagé sa conviction « que toutes les entreprises devraient avoir une action de mécénat ».


Manoelle Lepoutre, directrice Engagement Société Civile de Total et Déléguée Générale de la Fondation Total a résumé l’esprit de la matinée consacrée aux échanges entre professeurs du Collège de France et grands mécènes : « Je suis convaincue que le mécénat crée de l’innovation pour l’entreprise ».

La co-responsabilité de l’entreprise, de l’État et de la société civile

L’un des moments émouvants de cette matinée a été l’hommage du Professeur Pierre Michel Menger à Jacques Rigaud, fondateur de l’Admical, réaffirmant la pertinence de la mission initiale de l’association de référence du mécénat français : complémentarité et non substitution entre l’État et le mécénat.

Mais, la question de la légitimité et de la confiance a également été soulevée : les acteurs privés, les mécènes, s’emparent de la question de l’intérêt général et montrent que ces problématiques ne sont plus réservées à l’État. 84% des Français déclarent d’ailleurs faire confiance aux entreprises mécènes.

De fortes attentes reposent donc sur le secteur : les modes opératoires et les différentes formes que peut prendre le mécénat sont encore à préciser et près de la moitié des Français pensent que les pouvoirs publics doivent favoriser le développement du mécénat.

Christophe Itier, Haut Commissaire à l’ESS et l’Innovation Sociale auprès du Ministre d’État, a présenté sa feuille de route, avec notamment l’idée d’un social business act pour soutenir l’accélération du mécénat. Il a aussi annoncé un projet d’« incubateur d’innovation sociale » pour répondre aux enjeux d’intérêt général.

Sarah El Hairy, députée de Loire Atlantique, a déclaré qu’elle déposait deux amendements :

  • une franchise de 10k€ pour les déductions fiscales des PME ;
  • après les salariés, permettre aux actionnaires, mandataires et sociétaires de participer à une fondation d’entreprise.

L’apprentissage de l’engagement

L’académicien Xavier Darcos, Président de la Fondation Sanofi Espoir, a insisté sur l’importance que « l’opinion [soit] formée à la conscience que le mécénat de long terme est nécessaire ».

De l’avis de tous, cela commence par l’apprentissage de l’engagement aux enfants. « La philanthropie, c’est sortir de sa bulle », telle est la définition que deux philanthropes de 11 ans sont venus apporter, autre moment fort de la matinée, auquel a fait écho le témoignage d’Angelin Prejlocaj, suivi du moment de douceur et de beauté que deux des danseuses de sa troupe nous ont offert.

Cette importance de l’apprentissage a également été soulignée par Alain Mergier, sociologue : « l’engagement ça s’apprend, sans quoi on risque de susciter des sentiments d’impuissance ». Cette logique d’accompagnement et de palette d’offres pour répondre aux désirs et aux attentes des citoyens et salariés a ensuite été illustrée par Frédérick Paurault, de l’Anacej, et par Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF.

Le mécénat est un humanisme

Dans sa conclusion, François Debiesse, président de l’Admical, a exprimé avec force l’humanisme qu’incarne l’engagement par le mécénat : « (celui-ci) est une expression de responsabilité citoyenne, un formidable outil de relation aux autres, une façon d’être au monde».


 

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