Séisme en Equateur : quelle communication des associations ?

    Le 16 avril 2016, un séisme de magnitude 7,8 a eu lieu en Equateur. A l’instar du tremblement de terre au Népal il y a un an, les associations se sont très vite mobilisées. Dans la continuité du Baromètre e-donateurs LIMITE-Ifop 2016 faisant le point sur la présence en ligne des 116 premières associations françaises, nous avons suivi et analysé les modes de mobilisation de 10 associations* communicant sur ce séisme : Unicef (1er du benchmark e-don), Action contre la faim (2ème), Croix-Rouge française (3ème), Secours Populaire (13ème), Médecins Sans Frontières (24ème), Handicap International (26ème), Plan France (33ème) et Care (57ème).

Une réactivité commune

Le premier élément notable est la rapidité avec laquelle les associations et ONG se sont mobilisées, en utilisant d’abord les réseaux sociaux : on sait désormais qu’une grande partie des dons se joue dans les 10 premiers jours, donnant la prime aux associations les plus promptes à se manifester. Ainsi, dès les 16 et 17 avril, les ONG ont fait état du déplacement de leurs équipes sur les lieux touchés.

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Le travail des équipes au centre des prises de parole

CARE_postfacebook_seismeAlors que le manque d’information face à l’utilisation des dons était un point soulevé par les e-donateurs dans notre e-baromètre, les ONG semblent avoir répondu à cette attente : dans les jours qui ont suivi le séisme, la majorité des publications montre les équipes à l’œuvre : soutien psychologique, déblaiement des décombres, premiers secours… Avec une complémentarité de storytelling entre réseaux sociaux (récits courts) et sites institutionnels (développements et précisions).

Des objectifs variables

On pouvait s’attendre à ce que les associations que nous avons observéesMSF_aidevictimes communiquent toutes dans l’objectif de récolter des fonds. Certaines d’entre elles font en fait le choix de se cantonner à de l’information. Ainsi la Croix-Rouge et Médecins sans frontières n’ont – en premier niveau – pas privilégié l’appel au don. On peut supposer qu’elles ont ainsi privilégié un objectif de positionnement et d’image, en soutien d’autres actions directes pour le don.

Les médias comme soutiens à la collecte

Quelques associations se sont exprimées dans les médias audiovisuels (chaines généralistes et chaines d’information en continu). Avec une double logique : bénéficier de l’impact encore fort de la télévision et reprendre ces prises de parole dans leur communication auprès des donateurs (emailings, tweets, post Facebook…) en bénéficiant ainsi du statut d’acteur légitime.

ActioncontrelaFaim_Tweet ITW BFMTV

UNICEF_tv5monde

En conclusion, on observe que la majorité des associations urgentistes se sont mobilisées en utilisant les mêmes codes que l’année dernière lors du séisme au Népal : réactivité, récit des actions et appui sur les médias traditionnels. Pour autant, le traitement médiatique du tremblement en Equateur s’est très vite essoufflé, ce qui a compliqué la tâche des associations qui souhaitaient maintenir l’attention des donateurs.

L’information sur les montants collectés et le prochain baromètre e-donateur permettront de mesurer l’impact de ces campagnes. D’ores et déjà, la communication des associations observées ici semble avoir joué un rôle « d’exercice » en cas d’urgence, et d’acte de présence vis-à-vis de l’opinion-donateurs, dans une période de difficulté à émerger par rapport à une actualité très focalisée sur les sujets nationaux.

 

* Nous invitons les organisations mentionnées et les autres à se rapprocher de nous si elles souhaitent compléter ou signaler ce que nous avons observé.

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