Toujours dans la série des échanges qu’on a au sein de l’Agence, et que nous relayons ici parce qu’on pense qu’ils peuvent alimenter les débats que vous pouvez avoir, en voici un qui fait suite à la publication de l’article du Tigre sur Marc L., un internaute censé être anonyme mais dont le journal avait reconstitué toute la vie rien qu’en collectant et en rapprochant l’ensemble des informations disponibles sur Internet le concernant.
Lui : Tu fais un post ou on fait un débat sur »les réseaux socio-compatibles avec respect des libertés fondamentales » sur le blog de l’Agence ?
Moi : « J’avais envie de faire le post contraire en fait : sur le web il faut savoir ce qu’on fait sinon… Et aussi que ca marche dans l’autre sens : que les traces qu’on laisse peuvent etre positives que la tracabilite aide a savoir a qui l’on a a faire »
Lui : « C’est surtout de nouveaux modes de vie et de pensée auxquels on doit penser. Mais le fond du problème n’est pas tant la socialisation des réseaux que la marchandisation des données qu’ils génerent
Moi : « T’as raison sur le fond. Mais quand j’achete des clics pour cibler des donateurs ou quand je fais de la veille, je vise des donnees souvent personnelles même si le nom de la personne ne m’intéresse pas mais plutôt son comportement et ses opinions »
Lui : « Exact ce qui veut dire qu’il faut repenser les garanties publiques et criminaliser les abus »
Moi : « Est ce que google abuse a ton avis franchement ? Ils ont tout sur tout le monde : c’est pour ca qu’ils disent ‘don’t be evil’ »
Lui : « Ils peuvent a tout moment tomber entre les mains de dirigeants ou de gouvernements scélérats. C’est d’ailleurs le cas en Chine ou ils sont obligés de coopérer avec les autorités. Aussi : 1) éducation du citoyen aux droits de l’Homme en ligne et pour qu’il apprenne a se protéger. 2) instances citoyennes paritaires de controle des pratiques des gens qui ont le controle des données privées. 3) cour pénale internationale du web aussi puissante que les transnationales financiarisées »
Moi : « La devise de google : elle s’applique a tous ces gros et a chacun de nous car c’est l’ethique : never be evil »
Lui : « Quand toi tu utilises les traces laissées par quelqu’un, il peut se défendre avec en gros ses connaissances de culture générale + du web. Comme dans la vie off-line. Mais quand ses données surtout dans le cadre de ses échanges sociaux, sont entre les mains de la cia ou d’un entreprise mondiale financiarisée, il a besoin de contre-pouvoirs citoyens. Sinon il finit broyé. En résumé : Little Brother est mon frere. Big Brother n’est pas mon frere. Parce qu’il est gros. »
Moi : « Voui mais les lois s’appliquent pas au web car… Il n’a pas de territoire, et pas de police surtout et ca c’est bien »
Lui : « L’internaute doit constamment se défier des libéraux maquillés en libertaires qui ont détourné l’esprit du www. La carte c’est le territoire. Et s’il y a des gens bien placés pour savoir que les puissants ont + de moyens que les autres pour cartographier le web, c’est bien nous… »
Et vous vous en pensez quoi de cette histoire : éducation des gens au fait qu’ils laissent des traces et que certains les utilisent ? Sanction pour les abus ? Au niveau de la CNIL ou à un niveau supra-national ?

