Les seniornautes rejoignent massivement Internet : pourquoi ne seraient-ils pas des donateurs en ligne ?

Les « silver sufeurs » comme on les appellent aussi, connaissent un taux de progression de 58 % sur un an, cela signifie que cette population croît sept fois plus vite que les 25-35 ans (chiffres FEVAD) ! Et ils ne font pas que surfer, ils consomment, agissent, participent, publient…

Il n’y donc plus que les fundraisers eux mêmes non internautes qui ne croient pas à Internet pour développer le don en ligne, et qui cantonnent l’emailing, l’achat au clic et plus globalement les actions digitales à « un truc de jeunes ».

Voir ou écouter le reportage de BFM sur ce phénomène.

La confiance dans les entreprises est en chute libre et les investisseurs interpellent les entreprises sur leur politique RSE

Les résultats de l’édition 2009 du Baromètre de la Confiance Edelman publiés par les Echos, dont le compte rendu en live via le compte Twitter de Moisant était assez excitant (on avait l’impression d’y être…), démontre chiffres à l’appui qu’au niveau international comme en France, les tendances de 2008 se confirment : les personnes interrogées préfèrent faire confiance aux ONG, plutôt qu’aux entreprises et aux politiques. Comme quoi « la fin des experts » et la « désintermédiation » ne touche pas tout le monde de la même façon…

Les résultats édifiants sont ici, et ils confirment ceux de 2008 : les associations et ONG demeurent les institutions les plus crédibles devant les entreprises et les institutions politiques.

Autre information assez convergente publiée au Canada, les investisseurs interpellent également les grandes entreprises sur leur politique de RSE.

« Sur 130 grandes entreprises signataires du Pacte mondial des Nations unies (dont Gap, Starbucks et Air France), seules 25 ont démontré le sérieux de leur engagement en publiant l’information relative à leur démarche. Une coalition de 38 investisseurs institutionnels de par le monde (parmi lesquels on trouve, au Canada, Bâtirente et Ethical Funds), tous signataires des principes des Nations unies en matière d’investissement responsable, a en effet écrit aux dirigeants de ces 130 entreprises afin de les féliciter ou, au contraire, les pointer du doigt.

Starbucks, Air France et BASF figurent ainsi parmi les 25 entreprises ayant reçu un courrier de félicitation pour avoir publié un rapport annuel faisant état de la progression de leur démarche de responsabilité sociale. Une entreprise canadienne y figure également : la papetière Catalyst, de Colombie-Britannique. A l’inverse, ce sont plus de 100 entreprises, dont Gap et le groupe de luxe LVMH, qui ont été montrées du doigt pour n’avoir tout simplement pas publié de telles informations.

Rappelons qu’en adhérant au Pacte mondial, une entreprise s’engage à respecter dix grands principes en matière de droit de l’Homme, de droits du travail, d’environnement, etc ; et également à publier un rapport annuel rendant compte de sa stratégie en matière de responsabilité sociale.

« Il y a aujourd’hui une masse critique d’investisseurs institutionnels qui considèrent la responsabilité sociale des entreprises comme un élément fondamental de leurs succès financiers à long terme, dit Steve Waygood, responsable de la recherche chez Aviva, et porte-parole de la coalition d’investisseurs. [...] Les entreprises qui produisent de bons rapports sur leur engagement envoient un message fort à ces investisseurs. Celles qui n’en publieront pas enverront plutôt un signal d’alarme à cette communauté d’investisseurs qui cherchent une information détaillée quant à la façon qu’ont ces entreprises d’aborder leur responsabilité sociale. »

L’an dernier, à l’issue de cette même démarche, un tier des entreprises ainsi prises en défaut par la coalition avaient par la suite réagis en publiant des informations concernant leur responsabilité sociale, réaffirmant ainsi leur engagement à l’égard du Pacte mondial. »

Alors ? Quelles conséquences faut-il en tirer ?

On a une petite idée sur la question…

Le marketing éthique : au-delà du « dont be evil » mais comment ?

On en parle souvent ici (voir l’article sur les jeunes américains qui préfèrent les marques engagées) parce que c’est très important : les marques de grande consommation ont des choses à dire, mais surtout des choses à faire dans le domaine de l’éthique et du développement durable. On dit généralement que 20% des consommateurs veulent consommer responsable, et la dernière étude Ethicity de février 2008 pointe 2 phénomènes qui devraient faire plus que réfléchir tous les directeurs marketing :

  • 2/3 des Français déclarent avoir changé de comportement en 2007 dont 77,6 % de retraités CSP+ contre seulement 59,3 % d’étudiants ;
  • 75 % des Français associent la consommation responsable à la réduction de leur consommation
    (« Ne plus », « Réduire »), soit une hausse de 19 points par rapport à 2006 ;
  • 41,3 % des Français déclarent « faire globalement confiance aux entreprises » en 2008, alors qu’ils étaient 50 % en 2006.

La responsabilité sociale des entreprises répond à une partie du problème, celui que Google a formulé dans son devise « don’t be evil ». Produits-partage, partenariats globaux, mécénat, opérations de collecte externe ou interne… Ce ne sont pas les techniques ou les modes d’action qui manquent quand on veut s’engager et qu’on est une entreprise. Mais est-ce vraiment ça le problème ?

Quand on a choisi un axe de marketing éthique ou de communication responsable, on a fait qu’une petite partie du chemin car il faut prendre en compte l’écconception, l’emballage, la gestion des déchets, le recyclage de ses produits, mais également le markéter sur le lieu de vente et communiquer de manière responsable. Le choix des médias, les matériaux utilisés dans les supports et le bilan carbone de la campagne sont très importants : à quoi bon en effet vendre un produit issu du commerce équitable, ou revoir entièrement son produit et sa chaîne logisitique pour mieux intégrer l’environnement, si on achète massivement de l’espace publicitaire en affichage, ou si on spamme des boites aux lettres en mailing non adressé ?

Le « marketing durable » décrit pas Elisabeth Pastor-Reiss, c’est bien produire, vendre et communiquer de façon responsable, mais cela ne suffit pas : l’empreinte immatérielle de la communication et du message sont fondamentaux. La prise en compte de la diversité, l’utilisation d’arguments mesurés et non trompeurs, l’image et les valeurs véhiculés par la campagne ou le produit sont des aspects clés du marketing éthique et de la communication responsable. Cela ne nous a pas échappé à l’Agence LIMITE : nous tentons de partager cette conviction avec nos clients et à tous ceu qui veulent s’engager véritablement, dans tous les domaines de l’intérêt général et pas seulement en faveur de l’environnement, en tous sans greenwashing et sans hypocrisie ni opportunisme.

Cela passe par un positionnement pertinent, réaliste, humble, idéalement co-produit avec les acteurs des causes concernées, calibré dans un partenariat global de long terme, et exécuté après la réalisation d’un 360° éthique de l’amont à l’aval du produit, en passant bien entendu par un planning stratégique responsable pour la communication et le marketing…

Les marques de grande consommation le font, d’autres y pensent très fort : mais vous ?

Attaques contre le Téléthon : ne pas se tromper de « scandales »

Moi : Parce que je « travaille dans le caritatif », ça fait plusieurs fois qu’on m’envoie des infos (voir la confirmation de la Présidente de l’AFM et l’article de Rue89) sur le « scandale du Téléthon », qui rémunérerait son partenaire France Télévisions, « avec nos dons » et je sais pas trop quoi en penser. Car je peux comprendre les incompréhensions, voire les indignations que cela peut provoquer chez les donateurs, mais je sais aussi que les dons ça n’arrive pas tout seul, et que c’est un métier de faire appel à la générosité du public, que les médias y ont une place centrale, et que beaucoup d’associations et de fondations rêveraient d’avoir un partenariat comme celui de la l’AFM avec France Télévisions…

Lui : Oui c’est un vieux débat : tout le monde voudrait que les associations n’aient aucun frais (les familles de l’AFM les premières). D’ailleurs, cela a été tenté, des systèmes dans lesquels tout est pris en charge par l’Etat mais ça marche pas. Le probleme est que les choses ne sont pas clairement dites, sur le fait qu’il y a quand même des frais. Par exemple, dans le cas du Téléthon, les 25 à 30 heures offertes par France Télévisions, Radio France, etc… valent des dizaines de millions d’euros (antenne + production) sans compter le manque à gagner publicitaire (car même pour le prochain Téléthon, France Télévisions a encore de la publicité dans la journée) car le Téléthon a une audience catastrophique, et sans compter les cachets des vedettes (en fait, sur un plan commercial, France Télévisions préfèrerait sans doute ne pas faire le Téléthon, car ce n’est qu’une opération d’image et de mobilisation de l’interne).

Moi : Mais le Téléthon paie quoi alors à France Télévisions, sur quelle base le calcul se fait ?

Lui : Une partie des frais de production de la soirée spéciale sont pris en charge par le budget d’investissement du Téléthon. Et c’est une volonté de l’association de conserver le contrôle de ces frais (décors, techniciens, etc, on est dans des secteurs et des volumes où cela monte très vite à plusieurs millions) ; toutes les associations ont intérêt à contrôler en partie la production de leurs campagnes car c’est aussi pour elles la garantie qu’elles ne vont pas être traitées à la baisse et qu’elles maîtrisent ce qu’elles font (je suis sûr que ce Monsieur se sent beaucoup plus libre de ne pas venir à une réunion associative qu’à son travail le matin). France Télévisions refacture ce que cela lui coûte sans marger (n’oublions pas que France Télévision est désormais elle-même quasiment une « Grande Cause »). C’est grâce à cela et à de nombreux bénévolats que le Téléthon est l’une des opérations de collecte nationale bénéficiant des meilleurs ratios « coûts/recettes », là où certains mailings ou campagnes au téléphone coûtent la moitié de ce qu’on donne à l’association. Tout cela est clairement dans les comptes publics de l’AFM. Certes on peut reprocher à celle-ci de ne pas en faire une publicité plus forte, mais cela lui coûterait de l’espace et de l’énergie qu’elle peut consacrer à faire rentrer plus d’argent. Et je peux témoigner que l’AFM est l’une des associations les mieux tenues, les plus radines et les plus contrôlées par la Cour des Comptes (voir les rapports qui sont, pour les derniers, nickel).

Moi : Alors c’est quoi le problème ?

Lui : Les donateurs réguliers connaissent et admettent assez bien ces logiques (cf. différents sondages sur le sujet). Ils savent qu’il faut bien des frais de personnel, de gestion, etc pour que des grosses institutions de plusieurs centaines de millions tournent. Les donateurs occasionnels, qui sont moins informés, ont souvent a priori l’idée que tout cela est magique et qu’il existe des univers où l’économie de marché ne s’applique pas et où un grand nombre de personnes très qualifiées peuvent renoncer à leur travail et à leurs loisirs pour se consacrer entièrement à une cause.

Moi : Donc « faux scandale », encore un, et comme souvent je pense que c’est l’arbre qui cache la forêt non, car le monde du caritatif et le grand public sont encore traumatisés par les cas historiques de dérives (ARC), maus qui restent l’exception car quand même ce secteur n’est pas exempt de soucis ou d’irrégularités mais c’est pas les « produits dérivés » ou les hedge funds quand même…

Lui : Le plus fort, c’est que le public est peu informé d’un vrai scandale du financement des campagnes associatives pour collecter des fonds : les affranchissements des mailings d’appels aux dons rapportent des taxes importantes à La Poste et à son actionnaire, l’Etat qui perçoit une TVA à 19,6% sur tous les frais de communication, d’impression des mailings. De sorte que, lorsque le quelqu’un bénéficie par exemple de 6 euros de ristourne fiscale sur un don de 10 euros, il faut savoir que l’Etat reprend par derrière 1 à 3 euros de taxes diverses, selon l’association. Enfin, je poserai une question : qui a intérêt que le Téléthon perde le soutien de France Télévisions en faisant courir l’idée que ce ne serait pas un vrai soutien ? Et pourquoi parle t’on du Téléthon, qui dans le genre dépenses / recettes est exemplaire, et pas des campagnes de sollicitations au téléphone, qui en prospection ont actuellement des taux de 90 centimes de recettes pour 1 euro dépensé ? Ou des opérations genre ventes de fleurs ou dîners de gala, qui rapportent à peine ce qu’elles coûtent, et encore, grâce au mécénat ?

Moi & Lui : Et vous, vous en pensez quoi ?

(Débat – dialogue) Le DD sert-il à quelque chose ?

Au sein de l’agence, nous avons des débats et des dialogues parfois très animés et c’est tant mieux. Nous ne sommes ni des « Khmers verts », ni des « Ayatollas de l’anticapitalisme » mais il y a beaucoup de nuances et de métissages entre les plus « rouges » d’entre nous (dont moi), ceux qui sont plus « verts », et dans chacune de ces 2 grandes catégories, il y en a qui sont pro-nucléaire civil et pro-OGM, d’autres pas du tout, certains sont plus ou moins keynésiens alors que d’autres sont des partisans de l’autogestion, etc.

On a décidé de publier certains de nos échanges car on est persuadé que les consommateurs, les citoyens, les consultants en agence ou les annonceurs sont eux-aussi traversés par ces schizophrénies, ses doutes et autres débats. Donc n’hésitez pas à réagir et à alimenter la réflexion, mais n’arrivez pas avec une vérité car il n’y en a pas, ni chevalliers blancs, ni archanges noirs : que des niveaux de gris…

Moi : Selon un sondage TNS-SOFRES 2008, 64% des Français disent faire des efforts quotidiens en faveur du développement durable tout en pensant que « cela a pas ou peu d’impact ». C’est un peu normal, avec les scandales de type Eco-emballage et les paradis fiscaux, Cyclamed qui va finir enfin par recycler au lieu d’incinérer, l’absence cruelle de communication sur l’amont et l’aval des produits par les marques, les multiples façon de faire du greenwashing et le fait que malheureusement les petits gestes ne suffisent pas pour sauver la planète : c’est pas facile d’y croire…

Lui : Je n’ai pas la même analyse que toi. Je pense que les gens ont plus de bon sens qu’on ne croit et qu’ils sentent bien que toutes les campagnes des pouvoirs publics et des grandes entreprises polluantes pour leur dire que c’est à cause d’eux, les particuliers, qu’on en est là, et que c’est à Monsieur tout le monde de prendre ses responsabilités, ne parviennent pas à cacher que ce sont en fait les agriculteurs et les entreprises du secteur transport et du bâtiment (logement social compris) qui représentent 80% des pollutions. Eux seuls pourraient vraiment changer les choses, mais ils ne le font pas ou peu, ou très doucement parce que cela ferait perdre leur bonus aux dirigeants et leurs dividendes aux actionnaires. Ce sont eux qui portent le plus la responsabilité de la situation écologique actuelle. Toutes les campagnes de bonnes intentions ou de culpabilisation des citoyens / consommateurs ne font que détourner l’attention pour faire oublier le cynisme d’élites tellement déphasées qu’elles ne se rendent même pas compte que leurs grosses ficelles ne persuadent plus personne.

Moi : Nous on y croit pourtant ! Et c’est à ces administrations et à ces entreprises qu’on a envie de s’adresser car ce sont elles qui ont les vraies manettes pour agir : ce n’est pas trop contradictoire ou éthiquement un peu malsain de travailler d’une part avec les ONG et d’autre part avec les entreprises et les pouvoirs publics ?

Lui : Non justement, c’est à la limite entre les activistes, les progressistes, les modérés, les conservateurs, les parlants et les agissants qu’il y a des solutions inédites à trouver ! C’est pour ça qu’on s’appelle « LIMITE » tu te souviens ?

Moi : Oui je sais… Heureusement qu’on a Internet pour changer tout ça et mettre des grands coups de pied dans la fourmilière…

Lui : C’est vrai mais Internet ce n’est pas anodin non plus, c’est pas plus « vert » ou social comme secteur que l’automobile ou le pétrole dans une certaine mesure. L’impact d’une requête Google, l’hébergement d’un site web, les composants sensibles et autres métaux lourds de nos ordinateurs et de nos téléphones ne sont pas tous éco-conçus et les lignes de codes de nos sites Internet préférés ne sont pas toutes socialement responsable…

Moi : C’est pour ça que c’est bien que nous ne soyons pas tous seuls : beaucoup de particuliers, d’associations, de collectivités et d’autres agences s’engagent, et des annonceurs aussi évidemment. Comme ton ami Alexandre Pasche qui liste dans un très bon papier les multiples raisons d’espèrer.

Lire l’article d’Alexandre Pasche dans Quelle Santé en PDF (3,5 mo)

A suivre…

L’agence LIMITE contrôle « OBAMA » avec C’laSuite pour le CRAN

Le mode publicitaire en médias rue + Internet, au service des minorités visibles, pour sensibiliser l’opinion et les forces de l’ordre aux enjeux des contrôles respectueux vs les contrôles au faciès

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Mettre le mode publicitaire (idée impactante + qualité d’exécution) au service d’une cause sociale, celle du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) pour  rendre audible par l’opinion publique le ressenti des quelque 17% de nos concitoyens qui sont deux fois plus contrôlés que les autres, sans stigmatiser les policiers, mais en les convainquant qu’un contrôle respectueux et selon les règles est la meilleure garantie de relations sociales apaisées.

C’est ce qu’a proposé l’agence LIMITE en faisant venir à Paris Michael Lamar, sosie américain « officiel » de Barack Obama et en organisant, avec ClaSuite, dirigée par Jean-Marc Gabon, un tournage dans la rue au milieu de divers publics (lieux VIP, Assemblé Nationale, Strasbourg Saint-Denis), ainsi que la reconstitution, en contact avec les passants, de ce que pourrait être un « contrôle au faciès du Président Obama » en congés confidentiels à Paris par des policiers un peu nerveux.

Outre sa dimension RP et les contacts politiques que permet cette action, ce tournage va permettre de produire un spot publicitaire viral que DailyMotion, partenaire de l’opération, mettra en ligne dans la semaine et que le réseau Trilogicom de l’agence LIMITE, menée par Frédéric Bardeau, va faire buzzer sur le web.

Une campagne typique du tandem Laurent Terrisse/Jean-Marc Gabon qui avait conçu la campagne « On est tous faits pour aimer la vie » de l’Association des Paralysés de France en 2000 (50 films de pub illustrant les multiples situations de la vie des personnes handicapées et Prix spécial du Jury et choix de la rédaction de CB News, etc) :
- respect de ce que ressentent les personnes concernées par la cause
- travail avec les professionnels (ici la Police, les autorités, etc) afin de produire des résultats constructifs
- idée forte, mais juste (Barack Obama a combattu le contrôle au faciès dans l’Illinois et ce sujet était dans son programme électoral)

Retrouvez le spot en exclusivité dès mercredi sur notre blog et sur Dailymotion

Le donateur en ligne qui vient…

Quelle année 2008 ! Et avec cette année 2009 qui s’annonce très spéciale… Ca valait bien un petit bilan et des perspectives non ?

Beaucoup repètent à qui veut entendre que « tout va bien » dans le monde caritatif malgré les signaux et les tendances de fonds qui posent clairement la question d’une chute des recettes en euros constants (et oui l’inflation…) et de capter de nouvelles générosités, très différentes des générations du baby/papyboom qui fournissent le gros des donateurs à toutes les associations françaises depuis si longtemps…

La presse grand public relaye sans trop rechigner les satisfecit et les appels au calme, voir l’article trop exagérément optimiste du JDD pour une bonne synthèse de l’ambiance actuelle dans les services de collecte de fonds des ONG.

Pour autant, certains remarquent des initiatives sympathiques concernant le don en ligne et se posent la question suivante : quid du don en ligne ? Combien de divisions ? Quel avenir ? Et bien posons-là cette question et essayons d’y répondre.

Que ce soit au travers de mes multiples expériences au sein de Trilogicom au service des agences conseils en collecte de fonds ou au service d’associations faisant appel à la générosité du public, ou désormais pour l’Agence LIMITE, j’ai pu constater plusieurs choses concernant la collecte de fonds sur et via Internet.

  • La collecte de fonds par Internet est archi-marginale en regard des recettes apportées par le marketing direct d’abord, puis le télémarketing ou le street marketing. Quand on est à 10% du volume total collecté, on a à faire à une association très « web » mais la plupart du temps c’est largement inférieur à ça. Mais les tentatives de collecte de fonds en ligne sont timides mais croissantes dans un contexte de baisse tendancielle des recettes « classiques » et des techniques trop usées.
  • 2008 s’est donc terminée par de très belles opérations de fundraising online, qu’elles soient globales ou limitées à un type d’action ou de technique (emailing, marketing à la performance, buzz…). Je pense ici très clairement à la Chaîne de l’Espoir, la Fondation de France, la Croix-Rouge française, l’UNICEF, Médecins Sans Frontières, au Pasteurdon, à la Fondation Abbé Pierre et au Téléthon… Et ses succès relatifs font que dans le petit milieu du caritatif : 2009 s’annonce donc comme l’année de l’Internet en collecte de fonds.

Pourtant, les fundraisers français (AFF, associations et conseils en collecte) ne sont pas prêts à croire à Internet tant que ses apports quantitatifs ne sont pas plus importants qu’ils ne le sont aujourd’hui et c’est ça qui est très dommage puisque LES DONATEURS EN LIGNE NE SE DEVELOPPERONT QUE SI ON VA LES CHERCHER SINON EFFECTIVEMENT ON Y ARRIVERA JAMAIS ! Donc ce n’est pas la faiblesse des recettes en ligne qu’il faut montrer du doigt mais bien le fait que les associations ne sont pas configurées, outillées et volontaristes pour les recruter, les transformer et les fidéliser. CQFD !

En effet, les opérations sont mises en place le sont, sauf exception, par une génération venant à Internet « parce qu’il faut y venir », ou par effet de mode (ah le buzz et le web 2.0 !) ou par opportunisme commercial pour ce qui concerne les agences conseils en collecte qui promettent du ROI qu’elle n’arrive pas à tenir. Ces initiatives ne procèdent pas du tout par vocation naturelle ou par compétence spécifique sur le sujet. Autre cas de figure, les associations se laissent convaincre par des professionnels du web ou par leurs propres webmasters, qui ne connaissent pas forcément le marketing social et cartitatif, et qui font de l’évangélisation sans contenu marketing / communication, et donc… ça marche pas !

Alors quoi faire ? Avec qui ? Pour quels résulats ?

Et bien pour nous chez LIMITE en fait c’est assez simple tout ça, car nous avons :

  • La double culture « caritatif + web » bien ancrée dans l’ADN de l’agence, de ses dirigeants et de ses collaborateurs et partenaires
  • Aucune appréhension ou problème à reconnaître que le marketing direct, le téléphone et le street marketing trouvent leurs limites quand ils sont utilisés « déconnecté » d’Internet ou sur des populations qui sont plutôt proches d’Internet
  • Très attentif et en veille par rapport à un phénomène inédit : les papyboomers qui ont pris leur retraite en 2005 (la génération de 1945…) rejoignent les rangs des « digital natives », des générations X et Y ou des millenials comme on voudra bien les appeler pour former un nouveau type de donateur

Quel nouveau donateur ?

Quelqu’un qui sera séduit par des opérations Internet fortes et pensées pour Internet et pour ses usages à lui. Quelqu’un qui ne voudra ensuite plus recevoir de courriers dans sa boite aux lettres ou qui voudra au moins choisir lesquels et à quel rythme (un mail ou un PDF suffit largement non ? Et c’est plus écologique, et plus économique pour l’association en plus). Quelqu’un qui préfère un e-reçu fiscal car il fait sa déclaration d’impôts aussi par Internet donc c’est plus pratique. Quelqu’un qui entend s’informer de lui-même sur les sujets qui l’intéressent ou qui sont en rapport direct avec les dons qu’il a réalisés. Quelqu’un qui assurera la promotion des causes qu’il défend, par Internet si on lui demande, et qui collectera autour de lui aussi si c’est vraiment important.

Quelles actions mener ?

Internet pour la collecte n’est ni un problème de technique, ni un problème de site web de l’association : on peut s’affranchir de tout puisqu’il suffit d’être présent au bon moment et aux bons endroits. C’est encore et toujours une histoire de stratégie, d’idée, de création et de messages et de plan d’action bien orchestré, bien exécuté et mixant intelligemment référencement, search marketing, display, emailing, affiliation, RP 2.0 et buzz. C’est encore plus qu’en marketing direct et presque autant qu’en télémarketing une affaire de tests car avec Internet il ne coûte rien d’essayer et de généraliser uniquement ce qui marche. Et c’est enfin une histoire de chiffres qui ne mentent jamais sur Internet car un lien référent, un clic, une transformation, un don en ligne : c’est traçable et incontestable.

Pour conclure ce trop long post (mais c’est la passion…), ce donateur en ligne qui vient, et ses méthodes de collecte de fonds en ligne qui se consolident par expériences vont tout bouleverser, et très prochainement, on se dira rétrospectivement dans les associations et les agences que c’était vraiment important de passer à autre chose, qu’on a bien fait de placer Internet au coeur de sa stratégie de communication et de collecte de fonds.

On en parle ?

Frédéric Bardeau
frederic(point)bardeau(at)agence-limite.fr

Comment transformer une soirée de gala en « réseau social » au profit d’une association

Crédit photos : Stéphanie Cubaynes

Le 8 décembre dernier, la soirée FIDH (Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme) à l’occasion des 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, réunissait au Palais de Tokyo deux-cents défenseurs des Droits de l’Homme, remarquables, célèbres, prestigieux, tous engagés : Stéphane Hessel, Taslima Nasrin, Luis Moreno Ocampo,… en présence de Catherine Deneuve, Jane Birkin, Lou Doillon, Marie-Christine Barreau, Hélèna Noguerra, Annie Lemoine et bien d’autres.
LIMITE a aidé la FIDH à concevoir la « scénarisation » de cette soirée autour de l’objectif de financer le maximum de « missions d’enquêtes » en 2009 (le financement privé réuni par chaque table permettant, en déclenchant sept fois plus de subventions publiques, de rendre possible tout ou partie d’une nouvelle mission terrain) : mini-séquences vidéo de témoignages de l’utilité des missions (Ingrid Bétancourt, Mutabar Tadjibaeva, Shirin Ebadi), trame de discours des différents intervenants (en particulier Antoine Bernard, Directeur général, et Denis Olivennes Président du Comité de Soutien) sur le financement des missions et la manière de se mobiliser et de collecter des fonds pour soutenir la FIDH, mise en place d’un réseau social privé des deux-cents participants de la soirée afin de rester en contact et de maintenir la mobilisation, table par table (sous-groupes qui communiquent entre eux) tout en partageant collectivement les informations sur l’avancement de ce défi collectif.
A mi parcours, les 40 000 euros sont dépassés.

Réseau Social (Ning) créé pour le suivi de la soirée

Ning "Soirée FIDH 2008"